Qualité de l’air : on respire (un peu) mieux à Bruxelles

La tendance est à la diminution graduelle de la pollution atmosphérique dans la capitale. Qui reste quand même bien encrassée.

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« Pour la première fois, notre ville a respecté les normes européennes. Cela démontre que nous allons dans le bon sens ! Mais c’est toutefois largement insuffisant » a déclaré le ministre bruxellois de l’Environnement, Alain Maron (Ecolo). Les chiffres 2019 de la Cellule Interrégionale de l’Environnement (CELINE) révèlent une certaine amélioration de la qualité de l’air à Bruxelles. Du moins si on se base sur les normes fixées par l’Europe, moins strictes que celles recommandées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Le premier indicateur pris en compte est la présence de particules fines (PM10 et PM2.5) dans l’atmosphère. Ces Particulate Matter (matière particulaire) sont des poussières extrêmement fines, d’un diamètre 6 à 24 fois plus petit que celui d’un cheveu. Si on suit les normes européennes, les Bruxellois peuvent respirer un grand coup : les valeurs limites annuelles et journalières des PM10 ont été respectées dans l’ensemble des stations de mesure. Les valeurs recommandées par l’OMS, elles, l’ont été dans 4 des 5 stations. Point noir : à Haren, les seuils annuels ont dépassé avec 26 µg/m³ les recommandations (20 µg/m³) OMS.

Pour les particules fines PM2.5, plus dangereuses pour la santé parce que… plus fines que les PM10, les limites européennes fixées à 25 µg/m³ (moyenne sur l’année) n’ont pas été dépassées. Par rapport aux normes OMS par contre, gros problème : 3 stations sur 4 ont franchi l’année dernière la barre des 10 µg/m³ annuels.

Le deuxième indicateur repris par CELINE est la concentration dans l’air de dioxyde d’azote (NO2). Une baisse de 10% en moyenne de concentration NO2 a été enregistrée en 2019 par rapport à 2018. Pour l’instant, les limites de NO2 acceptées par l’Europe sont les mêmes que celles de l’OMS. Cette dernière va cependant rehausser dans le futur ses recommandations, de 20 µg/m³ au lieu de 40 µg/m³. Résultat : par rapport à ces normes plus strictes, la quasi-totalité des stations de mesure bruxelloises suffoqueraient et dépasseraient ce seuil.

Multiplier les mesures

Au-delà de la question de savoir à partir de quelles normes on scrute la qualité de l’air, il reste aussi à augmenter le nombre de stations de mesure, et à mieux les répartir sur l’ensemble de Bruxelles. C’est en tout cas ce que prône l’asbl Les Chercheurs d’Air. Ce collectif distribue aux Bruxellois qui le souhaitent des appareils de mesure. Plus de 300 appareils ont déjà été installés chez des particuliers. L’asbl a récemment lancé l’opération des « Petits poumons » en partenariat avec douze écoles de la capitale, qui ont reçu à leur tour des capteurs de particules fines, et tiendront durant plusieurs mois des relevés.

Avoir une idée toujours plus précise de la pollution atmosphérique : l’enjeu est de taille. Selon l’Agence européenne de l’environnement, plus de 9000 personnes décèdent des causes d’une mauvaise qualité de l’air. Une pollution qui cause également des problèmes de santé, comme de l’asthme ou des infarctus. Même si le coronavirus venait à nous laisser tranquille, ne jetez donc pas si vite votre masque ; il pourrait bien vous être encore utile.

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