Est-il vraiment plus difficile de trouver un emploi qu’il y a cinq ans ?

Quatre personnes sur dix considèrent qu'il est plus compliqué de trouver un emploi aujourd'hui, comparé à 2015. Selon une enquête, plusieurs facteurs sont perçus comme des freins à l’embauche. Si certains sont confirmés dans les faits, les chiffres donnent parfois tort aux idées reçues.

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Le bureau de recrutement Robert Half ne dépeint pas une perspective réjouissante. Selon une de ses enquêtes, quatre personnes sur dix estiment qu’il est aujourd’hui plus compliqué de trouver un emploi comparé à 2015. Ne se limitant pas à cette constatation, le sondage a aussi questionné les intervenants sur les motifs qui expliqueraient cette situation. Toute une série de raisons ont ainsi été relevées. Mais est-ce que ces impressions se confirment dans la réalité ou ne sont-elles, justement, que des impressions ?

Un constat général contesté

Avant de se pencher sur les freins relevés par le panel sur le marché de l’emploi, intéressons-nous d’abord à la perception globale de difficulté à trouver un job. Sur ce point, Thierry Ney, porte-parole du Forem, reste sceptique : « En l’état des choses, plusieurs éléments contestent ce sentiment. Le premier point, c’est la baisse du taux de chômage. En Belgique, celui-ci descend continuellement depuis 2013. D’autre part, la liste des métiers en pénurie s’est agrandie par rapport à l’année passée. On est ainsi passé de 55 à 72 métiers en pénuries, pour atteindre même 100 si on y ajoute les fonctions critiques », argumente-il.

Les statistiques confirment en effet que le taux de chômage est passé de 8,6 % en 2015 à 5,2 % en novembre 2019 selon Eurostat, même si cette baisse s’est surtout réalisée entre 2016 et 2018. Depuis, si elle reste réelle, elle se fait bien plus timide. La conclusion logique serait donc qu’il n’est pas plus compliqué de trouver un emploi aujourd’hui, la Belgique s’étant relevée de la crise économique du début des années 2010.

Des préoccupations bien réelles

Est-ce que pour autant, tout va bien dans le meilleur des mondes ? Pas forcément. Certains points relevés par le panel se confirment dans la réalité. C’est le cas des 31 % qui pointent le nombre élevé de CDD et la précarisation des conditions générales de travail que cela engendre. La Banque nationale relève qu’entre 2014 et 2017, le nombre de CDD a augmenté de 8 % à 10 %. La Belgique est même une championne en la matière. Près d’un quart des contrats à durée déterminée couvrent ainsi une période inférieure à quatre semaines, soit cinq fois plus que la moyenne européenne.

Près d’un quart des contrats à durée déterminée couvrent ainsi une période inférieure à quatre semaines, soit cinq fois plus que la moyenne européenne.

Un autre élément, notamment pointé par les moins de 34 ans, est bien concret : la durée de procédure de recrutement. Une autre étude de Robert Half, datant de 2019, relève par exemple que 65 % des managers de ressources humaines ont perdu un candidat parce qu’ils hésitaient trop longtemps à le prendre. Après une semaine ou deux, les postulants trouvent que cette période est excessivement longue, alors qu’ils espèrent un suivi rapide de leurs candidatures.

Un dernier point est plus contrasté. Dans l’enquête de Robert Half, 30 % des interrogés estiment que les difficultés à trouver un travail sont dues à l’évolution des qualifications requises pour le secteur d’activité professionnelle. Sur ce point, le Forem se veut réactif pour régler ce problème qui reste bien réel. Il propose notamment des parcours de formation variés afin de trouver l’emploi voulu plus ou moins rapidement. « En proposant ces formations, nous essayons de faire un maximum pour répondre aux besoins de compétence et à ses offres d’emploi, afin que chacun y trouve son compte », tient à faire remarquer Thierry Ney.

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