Mobilité : cette application qui doit révolutionner vos déplacements

La Stib recherche 2.000 personnes pour tester une nouvelle application de mobilité censée révolutionner les déplacements dans la capitale. Que faut-il en attendre?

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Une app qui vous propose tous les trajets possibles, mais vous offre aussi la possibilité de les payer directement avec smartphone. Voilà le projet à laquelle la Stib travaille actuellement. Il s’agit d’aller beaucoup plus loin que le fait son actuelle application. L’idée : que les modes de transports intégrés dans la base de donnée ne se limitent plus à la Stib, au Tec, De Lijn et à la SNCB. S’y rajoutent en effet par exemple des sociétés de trottinettes et vélos partagées, mais aussi Uber. L’autre nouveauté réside dans la possibilité pour l’utilisateur de régler l’addition en quelques clics. Ce concept que la Stib cherche à mettre en place porter un nom : Maas, soit mobility as a service. En français, cela devient la mobilité comme service.

Stib : modalités du test

Peut s’inscrire sur le site de la société de transports en commun bruxelloise tout personne qui habite ou travaille dans la capitale. « Que vous possédiez ou non une voiture personnelle. Que vous utilisiez déjà des moyens de transport alternatifs ou non. Nous recherchons en tout 2 000 testeurs (dont vous ?) qui seront représentatifs de tous les usagers des modes de transport de notre région », explique la Stib sur son site Internet. « Cela nous permettra d’avoir une idée plus précise de tous les comportements et usages possibles de l’application, que ce soit en fonction de l’âge, de l’occupation, de la composition familiale, des habitudes de mobilité, etc.». L’enquête de six mois doit débuter début mai et se terminer fin octobre. Les partenaires mobilité prévus dans l’application test sont : la Stib, la SNCB, TEC, De Lijn, les sociétés des vélos partagés Villo et Billy, les trottinettes partagées Dott, les voitures partagées Cambio et les sociétés de taxis Taxis Verts et Collecto.

Maas : quels enjeux ?

L’avenir assurément. Que ce soit en ville, où la voiture va se faire de plus en plus rare, ou dans les collectivités territoriales enclavées où chaque mode de transport se suffit rarement à lui-même. Le concept est simple sur papier. Il s’agit de réunir au sein d’un seule application tout un écosystème mobilité. Avec un défi de taille : convaincre (ou forcer?) les entreprises du secteur, qui freinent des quatre fers. Parmi les principaux défis: les modalités autour du prix, l’ouverture de leur base de données et la perte de contrôle sur leur offre avec le client. La question tarifaire représente sans doute le challenge le plus difficile.Il faut trouver un compromis sur la répartition des recettes. Dans ce domaine, les questions semblent aujourd’hui plus nombreuses que les réponses. Le deuxième point a trait à l’accès aux bases de données des différentes entreprises. Mais celles-ci sont tout sauf emballées, même au sein du secteur public. Le flux d’usagers, leurs trajets, ou encore la durée de ceux-ci : on touche ici à la ressource la plus précieuse de chaque entreprise. Une certitude : il faut absolument que ce soit une entreprise publique, en l’occurrence ici la Stib, qui mette en place l’application. La société qui met au point et gère le logarithme possédera un pouvoir énorme. Il s’agit d’être certain que celui-ci serve bien l’intérêt général.

Helsinki : la ville modèle

Le Cerema, un centre d’études public français réputé en matière d’aménagement du territoire, vient de se pencher sur trois exemples pratiques en Europe : Helsinki, Vienne et Hanovre. Moustique s’est penché sur son rapport riche d’enseignements et publié en décembre dernier. Commençons par la capitale finlandaise. Lancée en 2017, Whim, son application « Maas », a dépassé, en octobre 2018, le cap des 2 millions de voyages. Disponible dans l’ensemble de la région d’Helsinki, Whim propose quatre offres différentes. Trois d’entre elles reposent sur un principe d’abonnement mensuel, dont le tarif dépend des zones tarifaires du réseau de transports publics accessibles. Notons l’offre Whim Urban 30 (59,70€ par mois), qui inclut un accès illimité au réseau de transports publics et aux vélos en libre-service, mais aussi un tarif plafonné pour les courses de taxis de moins de 5 km, et des tarifs réduits pour la location de voiture. Whim Unlimited (499 €) donne accès, pour sa part, tous les transports urbains, les vélos en libre-service, la location de voiture, l’accès au service d’autopartage et les courses en taxis de moins de 5 km. 

Vienne et Hanovre : deux exemples intéressants

À Vienne, l’application WienMobil propose une information sur tous les modes de transport présents, y compris récemment sur les trottinettes et les scooters électriques en libre-service. Mais aussi une recherche d’itinéraire sur mesure qui inclut le transport collectif, le vélo, le vélo en libre-service, l’autopartage, la voiture particulière et les taxis. L’app propose aussi de localiser les différents services de mobilité à proximité de l’utilisateur, de voir leurs disponibilités (y compris le nombre de places de parking…) et renvoie également vers les applications partenaires pour l’inscription ou la réservation de services. Ce n’est pas tout : elle diffuse les informations en temps réel sur les perturbations. Pas moins d’un tiers des Viennois utilisent aujourd’hui WienMobil. À Hanovre, la plate-forme Maas se nomme Mobilitätsshop. Vous y trouverez notamment un renvoi vers le service d’autopartage en free-floating. Deux offres son proposées pour le partage de voitures : la « standard » (5 € par mois avec un dépôt de caution de 500 €) et la « plus » (11 € par mois avec dépôt de caution de 500 €. À noter aussi la réduction de 10 % pour chaque trajet de taxi qui passe par la plate-forme.

Bruxelles fera-t-elle partie des villes pionnières en matière de mobilité intégrée? D’après Le Soir, la Stib en tout cas prévoit un Maas définitif avec tarification intégrée d’ici fin 2022. C’est-à-dire demain.

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