Un Belge sur 20 n’a vu ni médecin ni dentiste en un an

Les non-utilisateurs de soins de santé sont surtout des hommes, bruxellois, indépendants et célibataires. Pètent-ils la santé ou sont-ils complètement fauchés ?

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En 2018, 1 Belge sur 20 ne s’est rendu ni chez un médecin généraliste, ni un dentiste et encore moins à l’hôpital. Ils sont deux fois plus souvent indépendants. 7 fois sur 10 ce sont des hommes. Un sur trois est Bruxellois. Et ce non utilisateur de médecine est assez jeune, autour de 34 ans et assez souvent célibataire. Voilà ce qu’on apprend à la lecture d’une étude menée par les Mutualités Libres.

Manque de temps ou d’argent

Pourquoi passe-t-on une année sans voir de médecin ? Il est possible que certains soient en parfaite santé et n’éprouvent aucun besoin de pousser la porte d’un cabinet médical. Mais les non utilisateurs ont aussi plus souvent des revenus faibles, selon l’étude des Mutualités libres. Et ils sont plus jeunes. Le passage à l’âge adulte semble être une période risquée au cours de laquelle les personnes sont susceptibles de renoncer aux soins de santé. Une étude française s’intéressant aux adultes âgés de 18 à 25 ans a permis de montrer que le non-recours à des soins pendant l’année était de 27,2 % chez ces jeunes et était motivé par plusieurs facteurs. Les principales raisons étaient le refus volontaire (recours à des soins auto-administrés ou attente d’une amélioration de l’état de santé) et une série de barrières ( des raisons financières ou par manque de temps). Cette étude a ainsi conclu que le renoncement aux soins de santé des jeunes adultes n’est pas uniquement lié aux contraintes financières, mais aussi aux besoins subjectifs des individus et à leur façon de faire face à la maladie.

Un problème très masculin

Les pensionnés et les personnes en invalidité et/ou handicapées sont significativement peu présents parmi les non-utilisateurs de soins de santé. Cela semble logique. Les femmes sont, elles, plus souvent obligées de se rendre chez le médecin en raison de leur genre. Une partie d’entre elles accouchent en cours d’année, prennent des médicaments contre la grossesse, sont en ménopause, ont des visites chez le gynécologue, des dépistages spécifiques contre le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus,…

Une mauvaise idée

Ne jamais montrer ses dents ou éviter de faire contrôler ses vaccins ou sa tension n’est pas vraiment la bonne idée. « Ne pas consulter un prestataire de soins pendant un an, revient également à ne pas bénéficier de la prévention, préviennent les Mutualités Libres. A long terme, cela peut être préjudiciable à la santé et également entraîner une augmentation des dépenses en soins de santé, tant pour le patient que pour l’assurance maladie ».

L’étude montre toutefois aussi que ces patients négligents ou précarisés sont en légère diminution ces dernières années, en tous cas par rapport à la visite chez le dentiste. Un « incitant » a en effet été introduit depuis 2016 pour encourager les patients : les personnes qui n’effectuent pas de visite de contrôle pendant un an doivent payer un ticket modérateur plus élevé. Par ailleurs, un peu plus de personnes se rendent chez un kiné en raison notamment du nombre croissant de problèmes de lombalgie.

noL’étude complète

 

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