Pourquoi Pierre Lemaitre est tant adapté

On fait la file pour adapter - au cinéma ou en bande dessinée - ses best-sellers, et même ses livres d'avant sa période best-sellers.

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Une signature comme celle de Pierre Lemaitre, ça se bichonne. Son éditeur (Albin Michel)  le dorlote et le remercie du million d’exemplaires vendus d’Au revoir là-haut, prix Goncourt 2013 et des 350.000 de Couleurs de l’incendie – la suite d’Au revoir… Une signature comme celle de Pierre Lemaitre est bancable et on lui fait les yeux doux dans le but de sgner toutes sortes d’adaptations capables de capitaliser sur la griffe d’un des auteurs les plus vendus du mùment.

Si Au revoir là-haut a fait l’objet d’une adaptation ciné – grosse réussite artistique et commerciale d’Albert Dupontel qui, en 2018, a rapporté cinq César – trois ans plus tôt, le roman a aussi été transposé en bande dessinée par Christian de Metter sur un scénario de Pierre Lemaitre himself. Le même Christian De Metter vient de faire paraître Couleurs de l’incendie en bande dessinée, amorce éditoriale au film que s’apprête à tourner Clovis Cornillac à partir de la même histoire!

Du septième au neuvième art, il n’y a qu’un aller-retour à faire pour continuer à explorer (exploiter?) l’oeuvre de Lemaitre datant d’avant son Goncourt. Dans son ancienne vie d’auteur de polars, il avait imaginé une saga  – celle de La brigade Verhoeven – dont deux volumes (Rosy And John et Travail soigné) ont également connu des adaptations BD par Pascal Bertho et Yannick Corboz.

Au revoir là-haut – le film

Burlesque, esthétique, fantasmagorique, le film d’Albert Dupontel fait remonter à la surface des images la douloureuse ironie de l’histoire imaginée par Pierre Lemaitre. Celle de deux Poilus qui, pour se venger de la guerre à qui ils ne disent merci; montent l’une des plus belles escroqueries anti militariste jamais montée: vendre des monuments aux morts qui ne seront jamais érigés. Dans le duo, on trouve cette gueule cassée d’Edouard Péricourt, incarné dans le film par un Nahuel Pérez Biscayart qui évolue le visage couvert de masques aussi beaux que troublants…

Au revoir là-haut – la BD

Tour en respectant scrupuleusement le récit de Lemaitre, Christian De Metter livre un dessin d’un réalisme flamboyant qui fait honneur à la dimension grotesque des personnages – Edouard Péricourt et Albert Maillard. Un travail graphique splendide sur une gamme de couleurs allant du bleu de guerre à l’orange explosif.

   

Couleurs de l’incendie – la BD – Irène

Même perspective tragi-comique, même souci de rendu historique et même copie soignée pour cette adaptation de Couleurs de l’incendie qui, entre deux guerres, suit la dérive financière et la déroute morale de Madeleine, la sœur d’Edouard Péricourt. Le livre s’ouvre sur la tentative de suicide du petit garçon de Madeleine qui, en se jettant dans le vide, percute le cercueil de sa grand-mère qu’on emmène à sa dernière demeure!

   

Brigade Verhoeven – les BD

Plus punchy, plus moderne, plus pétillant et moins pictural, le trait de Corboz s’attache à rendre la vitesse d’aujourd’hui dans ces deux enquêtes de la brigade de police dirigée par le commandant chauve Camille Verhoeven. La première – Rosy – s’aventure sur les traces d’un mystérieux poseur de bombes. La deuxième  – Irène – part aux trousses d’un assassin qui visiblement connaît bien Verhoeven.

Pour en savoir plus, lisez notre interview exclusive de Pierre Lemaitre. Rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

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