Crise: faut-il nommer Bart De Wever pour en sortir?

Et si le roi donnait cette fois la main à Bart De Wever ? Le patron des nationalistes ne demanderait pas mieux. Mais ce scénario est aujourd'hui dépassé et probablement enterré.

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La crise tourne en rond comme un lion de Flandre mis en cage avec des coqs remontés. Depuis la démission du missionnaire Koen Geens (CD&V), le roi consulte et les scénarios d’atterrissage de crise défilent. Alors, cette fois,  l’idée est « innocemment » relancée : pourquoi pas le tour de Bart De Wever ? Depuis les élections, tout au long des mois de consultations, la piste du patron des nationalistes ressort régulièrement, telle une tête de clown montée sur ressort dans un carton oublié. Mais le roi n’a jamais concrétisé. Prudent et conciliant, Philippe a laissé les informateurs tester encore et encore la possibilité de réunir les deux plus grands partis du pays, frères ennemis déclarés, le PS et la N-VA.

Les revolvers de Francken sur la table

Neuf mois plus tard, le lieutenant Théo Francken, a déposé les revolvers sur la table, non pas en signe de paix mais de message clé en cas de nouvelles élections. La N-VA pourrait bien alors être tentée de convoler avec le Vlaams Belang. Il faut dire qu’un sondage circule sous le manteau donnant vainqueur le parti d’extrême-droite au détriment de la N-VA. Et Théo Francken, sur les ondes de la RTBF, de sermonner qu’ «avoir un gouvernement avec une minorité côté flamand, c’est une très mauvaise idée pour ceux qui veulent sauver la Belgique ». La coalition Vivaldi (sans la N-VA), est donc, selon le député fédéral, l’assurance pour les francophones de l’échec du pays.  « Ecolo, c’est la régularisation des illégaux et le MR et l’Open VLD veulent renvoyer des illégaux. C’est impossible. Vivaldi c’est la partition parfaite pour la fin de la Belgique« .

« Bart De Wever est prêt à le faire »

Alors ? Hier soir, dans l’émission « Ter Zake », Bart De Wever s’est aussi exprimé. « Il a toujours dit qu’il était prêt à devenir informateur. Il le voulait, appuie Carl Devos, politologue de l’UGent.  Il l’a encore dit hier soir qu’il est prêt. Mais les partis francophones, et peut-être certains Flamands, ne lui ont pas donné la permission. » Le costume d’informateur de Bart De Wever était ainsi en place pour entrer en scène à la suite des informateurs Georges-Louis Bouchez (MR) et Joachim Coens (CD&V). « Mais le roi a fait monter Koen Geens… » Avec la suite que l’on sait. « Ce n’est désormais plus possible de faire venir Bart De Wever. Ce qui va être testé dans les semaines à venir sera la coalition Vivaldi (donc sans la N-VA) ».

Carl Devos regrette ce scénario qui a mal tourné et laisse des relations très abîmées entre le PS et le CD&V que « Paul Magnette a humilié par deux fois. D’abord en les invitant pas lorsqu’il était informateur. Ensuite, en disant que c’était fini de tester une coalition avec la N-VA. Si on avait nommé Bart De Wever à la place de Koen Geens, on aurait évité ça. » Pour autant, la mission que Bart De Wever aurait menée n’aurait… pas marché, concède Carl Devos.

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