Le retour de Kim Clijsters à Dubaï: l’incroyable challenge

Malgré ses 36 ans, ses trois enfants et ses sept ans et demi d'absence, Kim Clijsters reprend la compétition. Ou quand l'amour du jeu est plus fort que tout.

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Ses clins d’œils en conférence sur le bord du terrain ont contribué à sa réputation de championne sympa. Passée chez les pros en 1999, Kim Clijsters conquiert définitivement le cœur du public en 2001 lors d’une incroyable finale à Roland-Garros face à Jennifer Capriati. S’ensuivent une multitude de finales et un joli palmarès: 34 tournois WTA (dont l’US Open), deux Masters, une Fed Cup et une place de numéro un mondiale. Pas mal à 25 ans… Mais usée par les blessures, elle n’y trouve plus de plaisir et annonce, le 6 mai 2007, mettre «immédiatement et définitivement fin à sa carrière».

Sauf que deux ans et demi plus tard, en 2009, elle reprend sa raquette et sa domination sur le tennis mondial. Directement, elle remporte l’US Open, devenant ainsi la première joueuse non classée à décrocher le trophée. Dans la foulée, elle reprend la place de numéro un mondiale, en févier 2011, et triomphe encore dans six autres tournois, parmi lesquels deux grands chelems et un Masters. Mais son corps la lâche doucement. En septembre 2012, après une défaite au second tour à l’US Open, elle officialise sa retraite. A l’époque, Sam Verslers, son ostéopathe, déclare qu’elle «est allée au bout de ce que son corps pouvait encore lui donner». On pense alors l’histoire définitivement rangée au rayon des souvenirs…

Pourquoi aujourd’hui?

Pourtant, en septembre 2019, à la surprise générale, Kim Clijsters annonce qu’elle revient une deuxième fois: «Ces sept dernières années, j’ai été maman à temps plein et j’ai adoré ça. Mais j’ai aussi adoré être une joueuse de tennis professionnelle. Et honnêtement, cela me manque. Et si j’essayais les deux?». Plus récemment, dans une interview au Telegraph, elle explique y avoir pensé après l’Open d’Australie 2019 où elle était consultante: «Le fait d’y être, si proche de l’action a fait renaître la passion».

Après son annonce, elle reprend l’entraînement, travaillant entre autres avec son ancien coach Carl Maes et s’entraînant avec l’équipe de Fed Cup. Lorsqu’elle invite la presse en janvier, elle nsiste: elle n’a aucune ambition en terme de niveau. Sa motivation, c’est le plaisir du jeu et la passion.

Ce qu’en pensent les autres

Du côté du public, c’est évidemment l’impatience, tout comme chez les journalistes. Benjamin Deceuninck (RTBF)  avoue: «  Ce retour met du piment dans la saison. Et comme il y a un véritable renouvellement au niveau des joueuses du top mondial, ce sera intéressant de voir comment une ancienne peut se confronter à la nouvelle génération  ».

Du côté des joueurs, les réactions sont plus mitigées. Pendant que Dominique Monami déclare ne pas comprendre le sens de ce retour, une ancienne retraitée, Tatiana Golovin, admet que «  si c’était si facile de revenir, tout le monde le ferait  ». Elle poursuit: «c’est surtout dans la tête qu’il faut être solide. Assez forte mentalement pour accepter de réapprendre à apprendre».

De son côté, Justine Hénin lui souhaite dans un premier temps beaucoup de succès avant de tourner une vidéo parodique pour Eurosport. Dans cette dernière, John McEnroe se déguise en psychiatre et interroge sa patiente, Justine Henin, sur la tendance des joueurs à reprendre du service. Chacun appréciera…

Les attentes

Elle ne cesse de le marteler: «Je n’ai pas le sentiment d’avoir quelque chose à prouver mais j’ai envie de relever ce défi. Ce sera mon marathon à moi». Elle ne l’avouera donc jamais mais il paraît évident que Kim Clijsters a certains objectifs en tête.

Reste à découvrir à quel niveau elle se situera et comment son corps réagira. Ce que souligne Benjamin Deceuninck: «  Je n’ai aucun doute sur la qualité de son tennis. Kim va encore être surpuissante et envoyer des frappes lourdes. Elise Mertens, qui s’est récemment entraînée avec elle, l’a confirmé. La grosse interrogation, c’est comment son physique va réagir».

Dubaï, le bon choix

Son retour, Kim Clijsters l’avait initialement programmé à l’Open d’Australie en janvier mais une blessure au genou l’a forcée à reporter l’échéance. Après avoir envisagé de reprendre en mars au Mexique, elle a accepté l’invitation du tournoi de Dubaï (du 17 au 29 février). Un excellent choix selon Benjamin Deceuninck: «Beaucoup de joueuses du top seront présentes mais c’est un tournoi où il n’y a pas beaucoup de pression.Kim sera probablement l’objet d’une certaine attention médiatique mais c’est quelque chose qu’elle a l’habitude de gérer».
Qu’elle perde ou qu’elle gagne, l’ex (future?) championne a en tout cas prévu de rester toute la semaine sur place pour s’entraîner avec les meilleures du monde.

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