Les applications de micro-épargne : mettre de côté sans se priver

Ce n’est pas parce qu’elle est modeste qu’elle ne compte pas. Au contraire, la micro-épargne pourrait bien sauver les plus dispendieux du naufrage financier, et tout cela, grâce une app.

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Tous les mois, on se promet de moins dépenser, ou mieux, et enfin, de nourrir un peu cette tirelire virtuelle qui grelotte de n’afficher que 56 euros pour voir venir l’hiver. D’après le réseau belge Financité, 25% des Belges sont incapables de faire face à une dépense imprévue égale ou supérieure à un mois de salaire. L’épargne est difficile, parfois simplement parce qu’on ne sait pas comment calculer ce qui serait juste de mettre de côté, ou comment en prendre l’habitude. Les Millenials plus particulièrement, avec des revenus souvent plus fluctuants, ont parfois du mal à budgétiser. Mais il n’y a désormais rien qu’une application mobile ne puisse résoudre, semble-t-il.

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Elles s’appellent Capital, Birdycent, Chime, Digit, Bruno ou Yeeld et sont les fourmis de la « Fintech », ce secteur qui propose des services financiers via les technologies mobiles. Généralement créées par des start-up, ces applications de « micro-épargne » permettent de se créer une réserve d’argent à partir de petites sommes qui n’ont pas été dépensées, mais qui l’auraient — négligemment — été si elles n’avaient pas été mises de côté. Ces micro-économies sont automatiquement prélevées sur un compte-courant et placées en épargne par une application, un euro à la fois. Et chacune de ces apps a sa propre stratégie pour nous faire économiser de l’argent.

Une épargne psychologique

L’Américain « Tip yourself » permet par exemple de s’auto-offrir un « pourboire » quand on estime l’avoir mérité : après avoir bouclé une grosse séance de sport, un dossier important ou avoir réussi à arrêter de fumer, par exemple. En un clic, la somme désirée est placé dans votre « bocal à pourboires » — votre épargne. De quoi également cajoler sa confiance en soi.

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©unsplash/Blake Wisz

Plus complet et automatisé, l’outil Yeeld propose quant à lui plusieurs plans de micro-épargne : arrondir automatiquement chaque dépense faite avec sa carte à l’euro supérieur pour placer la différence, ou encore adopter la technique « 1, 2, 3… 52 » ; la première semaine, un euro est mis de côté, la deuxième deux euros et ainsi de suite jusqu’à la fin de l’année, où 52 euros sont prélevés. Un plan progressif, qui habitue au fil des semaines à consacrer une partie de ses dépenses à l’épargne et qui permet d’économiser près de 1 400 euros par an. Chez nos voisins français toujours, Bruno analyse vos comptes et vos dépenses, et fait varier le montant à virer dans votre tirelire numérique. Les données, elles, sont cryptées pour vous éviter toute mauvaise surprise. Selon Florent Robert, le co-fondateur de l’app, Bruno permet de mettre en moyenne 120 euros de côté par mois.

Forcément, la perspective d’épargner plusieurs milliers d’euros par an sans rien changer à ses habitudes fait rêver. Les banques belges sont pourtant bien peu nombreuses à être associées à ce type d’initiative économe. Seules exceptions au tableau, CBC/KBC et BNP Paribas Fortis, qui permettent dans leurs propres applications d’arrondir à l’euro supérieur. Reste que de toute façon, la micro-épargne ne vous permettra pas d’acheter une maison, d’assurer vos vieux jours ou de financer votre pause-carrière autour du monde. Mais ce n’est pas son intention. Elle constitue plutôt une épargne « de précaution », qui permet d’assumer une dépense douloureuse qui pourrait faire basculer dans l’endettement, ou « de plaisir ». Elle est aussi un moyen de grimper sans effort le premier palier de l’épargne, qui est surtout psychologique, et d’encourager de bonnes habitudes en ayant une meilleure vue sur ses dépenses.

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