Les populations d’oiseaux en fort déclin en Belgique, selon un nouveau recensement

Ce week-end, des milliers de personnes ont participé au grand recensement des oiseaux organisé par Natagora. Les premiers résultats dévoilent malheureusement une large baisse des populations de nombreuses espèces. Comment les aider?

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Les premiers résultats de ce grand recensement révèlent que 8 des 10 espèces d’oiseaux communs habituellement observés dans le top 10 sont en dessous de leur moyenne. Trois d’entre elles atteignent même leur minimum historique. “On peut malheureusement constater que les espèces continuent à décliner de plus en plus.” commente l’ornithologue Anne Weiserbs. C’est notamment le cas du merle, dont la population a été touchée par le virus Usutu, originaire d’Afrique australe.

Les merles ont fort souffert de cette maladie, qui a d’abord touché la Flandre. Chez nous, le virus est arrivé un peu plus tard, du coup on constate une nette baisse en Wallonie cette année. Mais il y a bon espoir pour qu’une forme résistante à ce virus se crée et que des individus sains reviennent peupler les jardins dans les prochaines années. C’est un phénomène naturel. En Flandre par exemple, les individus sont plus nombreux cette année.” À ce déclin, s’ajoute également celui des tourterelles turques et des pinsons des arbres.

Avec l’hiver très doux que nous connaissons, les jardins ne forment pas des refuges cruciaux pour trouver de la nourriture. Et les oiseaux présents dans nos jardins ce week-end sont restés cachés, évitant de sortir sous la pluie. Une autre explication plausible est que les températures clémentes ont amené certaines espèces à chanter pour défendre leur territoire dès janvier et que ces oiseaux sont par conséquent moins présents dans les jardins. Cela pourrait être le cas pour la mésange bleue et le pigeon ramier par exemple, dont la population nicheuse ne montre pas de signe de déclin.”

Il y a toutefois quelques nouvelles positives à souligner, notamment un afflux des geais des chênes, dont on a constaté la présence en grand nombre cet automne. “En octobre, on a compté près de 10 000 individus, alors qu’habituellement on en recense 2.000 ou 3.000. Grâce au recensement, on peut dire aujourd’hui qu’une grande partie de ces oiseaux sont restés en Belgique pour y passer l’hiver.” Pareil pour le pic vert, qui trouve sans doute très facilement sa nourriture en l’absence de toute couverture neigeuse.

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Comment aider les oiseaux?

Dans une situation de fort déclin des populations d’oiseaux, il est nécessaire de rappeler que chaque geste compte, même le plus infime. “Il est crucial que le lien entre les gens et la nature se recrée. Pour aider les oiseaux à trouver de la nourriture, il est par exemple très important de garder un jardin “un peu sauvage” sans tondre sa pelouse toutes les semaines.” continue Anne Weiserbs “La nature est hyperréactive, dès qu’elle retrouve ses droits dans une parcelle, la vie revient très rapidement. Il faut bannir l’usage des pesticides, autant que faire se peut. Et on peut tout à fait ajouter de la nourriture pour les oiseaux, en cas d’hiver très rigoureux. Une aide qui est la bienvenue, même quand le temps est plus doux comme c’est le cas actuellement: c’est un coup de pouce pour la nature.

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