4ème édition de « février sans supermarché » : préférer les petits commerces locaux à la grande distribution pendant un mois

Le collectif suisse « En Vert et Contre Tout » propose à tous son 4e mois «  Février sans supermarché  ». Une opération consistant à éviter la grande distribution pendant 28 (ou 29) jours et de préférer les commerces de proximité et autres producteurs locaux.

paysans-artisans

Si la fameuse Tournée Minérale, le défi de passer le mois de février sans boire d’alcool, fait parler d’elle tous les ans, « Février sans supermarché » a fait beaucoup de bruit en 2019 mais moins cette année. Ce challenge, au nom assez explicite, consiste à ne rien acheter en supermarchés et autres magasins de grande distribution durant tout le mois. L’idée étant de préférer les commerces de proximité indépendants et les producteurs et artisans locaux.  

Ce concept avait été lancé en 2017 par des Suisses, un groupe de personnes soutenant la consommation durable à Neuchâtel, En Vert et Contre Tout. Ils ont ensuite décidé d’étendre le projet à la Suisse romande pour, quelques années plus tard, toucher toute la francophonie.

Comme il n’est pas toujours facile de trouver maraichers, bouchers et autres supérettes indépendantes près de chez soi, des groupes Facebook ont été créés pour de nombreuses grandes villes de Suisse, France, Belgique et même pour Montréal, au Québec. Les participants s’y échangent donc astuces et bonnes adresses pour réussir le défi haut-la-main.
« 10% de chiffre d’affaire en plus »

En 2019, « Février sans supermarché » avait fait un carton en Belgique, notamment à Namur. « Notre chiffre d’affaires du mois de février était 10% plus élevé que les autres », se souvient Bertrand Delvaux de la coopérative Paysans-Artisans. Cela fait plusieurs années qu’elle distribue les produits de producteurs locaux via des supérettes, un site Internet et des points-relais. Pour ces défenseurs des circuits courts et du bien manger en région namuroise, toute l’année se passe sans supermarchés.

« Ces chiffres nous ont vraiment surpris. On pensait que ça serait à nouveau les convaincus qui participeraient au mouvement, mais ça a touché un public large, plus mixte. »
Si on en parle en moins de l’opération en ce début 2020, selon lui, « c’est parce que ça ne s’est pas encore excité » . « Le réseau des groupes Facebook est toujours là. Les Suisses ont relancé la communication, ils sont actifs, ça ne saurait tarder. »

Faire de son mieux

Evidemment, la question du prix des courses est inévitable. « De nombreux témoignages de participants aux premiers défis assurent avoir dépensé moins et mieux  », annoncent En Vert et Contre Tout. Pour les Suisses, « l’essentiel est de soutenir le circuit court au mieux de ses possibilités et de son lieu d’habitation. »

Mais pour Paysans-Artisans, le combat va plus loin.  Faire ses courses en circuit court, « cela doit coûter plus cher »,  précise Bertrand Delvaux. « Un emploi créé en grande distribution, ce sont 5 supprimés dans les petits commerces.  Des prix un peu plus élevés permettent de créer de la richesse, de l’emploi, d’offrir plus de pouvoir d’achat aux producteurs, aux acteurs du milieu et de faire tourner un autre modèle de société. Après, les prix ne doivent pas rester complètement déconnectés de la réalité. »

Si pour tout ce qui touche à l’alimentation, on retrouve des coopératives et autres magasins à la ferme un peu partout en Wallonie et à Bruxelles, pour ce qui est des produits d’hygiène et d’entretien, c’est plus compliqué. « Mais ça va mieux ! Tout comme de plus en plus de gens se lancent dans la production de fruits, de légumes, d’autres se lancent dans l’artisanat de savons et autres. » Si le défi vous tente, rendez-vous sur la page d’En Vert et Contre Tout pour retrouver les différents groupes Facebook d’entraide.

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