Que se passe-t-il dans la tête de l’informateur Georges-Louis Bouchez?

Nous avons rencontré le nouveau Président du MR le 17 janvier: "Pour la presse, gouverner avec la N-VA serait un sacrifice ou au contraire une œuvre de compromission terrible"

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Il avale quatre à quatre les marches du grand escalier de la Toison d’Or. Georges-Louis Bouchez rentre du Sénat où il vient d’aller voter in extremis en faveur, dit-il, de la nomination de Zakia Khattabi à la Cour constitutionnelle. L’ancienne coprésidente d’Écolo n’est cependant pas passée. Mais le président libéral en a profité pour être à son affaire, capter les images et s’afficher sur Twitter. Il passe une main dans ses cheveux, pose une main sur une hanche et s’arrête pour plaisanter avec les secré- taires du MR. Un ascenseur plus tard, il se pose à une table proche de son bureau avec ses deux smartphones qui ne vont pas arrêter de crépiter durant toute l’interview. Mi-geek, mi-enfant, Georges-Louis Bouchez adore les nouvelles technologies et les lumières qui clignotent dans tous les sens. Il l’avoue sans sourciller en évoquant les fêtes foraines, les cirques et les ducasses. Ses yeux pétillent. Avocat, il est passé par Saint-Louis et par l’ULB après un collège jésuite.

Au rayon petites manies, on apprend qu’il ne jette rien. Il garde précieusement des collections de canettes en édition limitée, des étiquettes et ses jouets d’enfant en parfait état. Car il est maniaque et déteste le gaspillage. L’autre soir, en revenant des vœux organisés à Bozar, il a vu de la lumière dans son bureau. Il s’est arrêté pour éteindre. Du haut de ses 33 ans, celui qui était encore il y a peu l’enfant terrible des bleus, n’a pas de clan autour de lui mais un réseau construit durant quinze années de militance libérale. Sa tournée de vœux lui vaut des accueils très chaleureux. Il n’écrit aucun de ses discours. Il vient avec son émotion du moment et improvise. Pour lui, c’est la seule manière d’être sincère. Il se félicite de son hashtag #fierd’êtrelibéral qui ponctue désormais chacune de ses nombreuses interventions sur les réseaux sociaux. Fier et libéral, ça résume assez bien aussi le ton de l’interview. On vous en a sélectionné quatre extraits.

Ni gauche ni droite

« Il n’est pas possible d’avoir un gouvernement de gauche de 50 sièges ni de droite de 60 sièges. Il faudra composer entre la gauche et la droite et cela appelle à un peu de modération.« 

Begicain

« J’adore mon pays. Il est unique au monde. Il est extraordinaire. »

Synthèse

« Mon rôle d’informateur c’est de n’effrayer personne et de les amener autour de la table. Dans ce que je viens de dire il y a autant d’éléments pour effrayer le PS que la N-VA mais aussi pour leur plaire. C’est typiquement le projet libéral. Et quand on dit ni de gauche ni de droite, je pense que c’est vraiment ça. En Belgique, le parti libéral fait la synthèse. »

Une faille à la N-VA

« Pour la presse, gouverner avec la N-VA serait un sacrifice ou au contraire une œuvre de compromission terrible. Or par rapport à mon idéal, gouverner avec écolo ou le PS n’est forcément plus simple. Prôner la lutte des classes en 2020, ce n’est vraiment pas souhaitable. J’ai un programme socio-économique plus proche de la N-VA. Mais je n’épouse pas ses thèses identitaires. C’est d’ailleurs une faille de la N-VA qui est divisée entre les identitaires et ceux qui veulent une droite décomplexée.« 

Pour lire l’interview intégrale, découvrez notre rencontre avec Georges-Louis Bouchez dans le Moustique de la semaine. Rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

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