Mobilité : le cauchemar quotidien des familles

Une enquête auprès de 1.700 ménages s’est penchée sur leurs habitudes de mobilité. Résultat: rien n’est pensé pour les parents en matière de mobilité.

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Si vous êtes parent, vous savez que votre journée de travail ne débute pas une fois arrivé sur votre lieu de travail. Non, il faut auparavant avoir déposé les enfants à l’école, puis ensuite seulement arriver au boulot. Se déplacer s’avère déjà un problème pour tout le monde. Avec un ou plusieurs enfants, cela peut devenir tout simplement l’enfer. Voilà ce que la Ligue des familles met en évidence ce mercredi, chiffres à l’appui, à la suite d’une enquête de longue haleine menée auprès de parents dont la très grande majorité travaillent (90%). Il en ressort que plus de 8 parents sur 10 assurent régulièrement des trajets en chaîne (crèches, école, travail, courses,..etc). Un marathon sportif qu’un parent sur trois (34%) assure même de manière quotidienne. En bref, ceux qui arrivent au travail à 9h avec l’impression qu’il est midi sont loin de représenter des cas isolés. Au total, plus d’un parent sur deux (65%) se déplace plus d’une fois par jour à l’école et/ou la crèche. Mais ce serait trop facile s’il n’y avait que l’école. Il faut y ajouter les activités extrascolaires. Trois quarts des parents conduisent ainsi chaque semaine leur progéniture au sport, aux scouts, ou encore à des activités artistiques.

À quel âge laisser son enfant sortir seul ?

Ces trajets extrascolaires touchent encore davantage les parents solo (11%) et les familles recomposées (12%). Les premiers sont même 11% à effectuer 10 trajets par semaine, les secondes 12%. Sur le plan professionnel, deux parents sur 10 déclarent avoir déjà dû renoncer à une offre d’emploi pour des raisons de mobilité. Quand les enfants grandissent, cela a évidemment un impact positif sur la mobilité des parents. À quel âge les parents les laissent-ils sortir seuls ? Un peu plus d’un parent sur deux autorisent ses enfants à sortir seuls quand ils ont entre 11 et 13 ans. Un quart (24%) donne leur feu vert quand ceux-ci ont entre 8 et 10 ans. A l’inverse, 16% attendent que leur progéniture ait entre 14 et 16 ans. Tout dépend si la famille habite en ville ou à la campagne. « En zone urbaine, les parents sont 33% à avoir laissé leur enfant pour la première fois sortir seul entre 8 et 10 ans, 18% en zone semi-urbaine et 22% en zone rurale », explique ainsi la Ligue des familles.

La voiture garde la cote

Quant au mode de transport, encore une fois, la réponse des parents varie énormément selon l’environnement familial. Et Wallons et Bruxellois n’ont pas du tout le même rapport à la voiture. Les premiers sont 92% à la prendre au moins une fois semaine contre à peine 58% des seconds. La voiture reste donc au final indispensable pour la majorité des parents francophones (83% l’utilisent au moins une fois semaine, 57% en font leur principal mode de déplacement). Autre constat intéressant : la réponse ne varie pas seulement en fonction de la région. Le porte-monnaie joue aussi un rôle prépondérant. Les familles dont le revenu mensuel est inférieur à 2.000€ nets/mois sont ainsi beaucoup moins nombreuses à utiliser la voiture.

Cette dépendance à la voiture est en grande partie justifiée par… les fameux trajets en chaîne. Deux parents sur trois expliquent en avoir besoin pour cumuler les déplacer entre école, travail, courses, ou encore activités extrascolaires. Une autre constatation, elle aussi assez logique: plus une famille est nombreuse, plus elle possède de voitures. « Les familles d’un seul enfant ont en moyenne 1,45 voitures, celles de deux enfants 1,53 voitures et celles de trois enfants et plus 1,64 voitures. Quant aux ménages sans enfant, la moyenne est plus basse : 1,18 voitures », lit-on ainsi dans l’étude.

 

Conclusion : un compliqué… jeu de Tétris

La voiture reste le principal mode de transports des familles, mais en cas d’offre de transports en commun suffisante et family friendly, les parents utilisent celle-ci et laissent leur véhicule au garage. Reste un gros point noir : les familles de trois enfants ou plus utilisent peu les transports en commun. « La raison de cet abandon se trouve dans la difficulté de jongler avec ses propres impératifs et ceux de chaque enfant : horaires de l’école ou des écoles, de la crèche, des activités extrascolaires, du rendez-vous chez le médecin », constate la Ligue des familles. Un enchaînement qui n’est pas sans rappeler parfois le fameux jeu Tétris. Huit parents sur dix se déclarent en tout cas prêts à prendre plus les transports en commun et 69% à prendre le vélo si des améliorations sont constatées en la matière. Autre constat : des différences de genres persistent. Les femmes sont 35% à déclarer enchaîner les trajets tous les jours contre 28% des hommes. Les femmes restent par ailleurs les principales accompagnatrices des enfants pour les trajets scolaires.

Pour la Ligue des familles, toutes les solutions ne passent pas par… des politiques de mobilité.  L’enquête montre ainsi que la première mesure demandée par 58% des familles pour améliorer leur mobilité est « un travail plus proche du domicile ». « Cela fait écho à une revendication de la Ligue des familles concernant l’aménagement du territoire. Longtemps, le territoire a été découpé en fonction, des zones de logement à un endroit, des zones de bureaux à un autre, des espaces de loisirs à un troisième…etc. Il faut repenser le territoire », conclut l’organisation.

 

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