Les 2.153 personnes les plus riches du monde détiennent plus d’argent que les 4,6 milliards les plus pauvres

Oxfam publie son traditionnel rapport sur les inégalités à travers le monde, à la veille de l'ouverture de la 50ème édition du Forum économique mondial de Davos.

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Et les chiffres sont alarmants : les 2.153 personnes les plus riches du monde détiennent plus d’argent que les 4,6 milliards les plus pauvres réunis (soit 60% de la population mondiale). Plus largement, les 1 % les plus riches de la planète, cumulent deux fois plus de richesses que les 90 % les moins bien lotis. Tandis que le travail non rémunéré ou sous-payé des femmes et des filles ajoute chaque année trois fois plus à l’économie mondiale que l’industrie technologique. L’ONG a également pointé que les femmes du monde entier travaillent 12,5 milliards d’heures combinées chaque jour sans salaire ni reconnaissance.

Dans son rapport « Time to Care », Oxfam a estimé que le travail de soins non rémunéré des femmes ajoutait au moins 10,8 milliards de dollars par an en valeur à l’économie mondiale. « Il est primordial de souligner que le moteur caché de l’économie est le travail de soins non rémunéré des femmes. Et cela doit changer », a déclaré à Reuters Amitabh Behar, PDG d’Oxfam India. Pour souligner le niveau d’inégalité dans l’économie mondiale, Behar a cité le cas concret d’une femme nommée Buchu Devi en Inde qui passe 16 à 17 heures par jour à effectuer des tâches comme aller chercher de l’eau après avoir parcouru 3 km, cuisiner, préparer ses enfants pour l’école et travailler dans un job mal payé. Intitulé « Celles qui comptent », le rapport d’Oxfam montre comment notre modèle économique est sexiste et met des richesses considérables entre les mains d’une élite fortunée, aux dépens des personnes ordinaires, en particulier les femmes et les filles pauvres.

Le nombre de milliardaires a doublé en une décennie

« Et de l’autre côté, vous voyez les milliardaires qui se rassemblent tous à Davos avec leurs avions personnels, leurs jets privés et leurs modes de vie super riches ». Des écarts qui semblent se creuser plus encore chaque année, en témoigne le nombre de milliardaires, qui a doublé en une décennie. Selon ce même rapport, il faudrait 22.277 ans à une femme employée comme technicienne de surface pour gagner la même chose qu’un PDG des plus grosses entreprises technologiques. Autre exemple frappant : « Si quelqu’un avait pu économiser l’équivalent de 8 000 € par jour depuis la prise de la Bastille, il n’arriverait aujourd’hui qu’à 1 % de la fortune de Bernard Arnault » pointe Pauline Leclère, porte-parole d’Oxfam France .

Mais le rapport ne se contente pas de constater ces inégalités, il ouvre également des pistes et différentes possibilités d’action pour permettre de réduire les écarts. « Les gouvernements doivent investir davantage dans des services publics universels et de qualité », remarque Aurore Guieu, responsable de l’équipe Justice fiscale et Inégalités chez Oxfam-Solidarité. « Des investissements dans l’eau ou les soins de santé permettraient de réduire la charge de travail des femmes et des filles, et d’améliorer leur qualité de vie. Par exemple, l’accès à une meilleure source d’eau pourrait permettre aux femmes de certaines régions du Zimbabwe d’économiser jusqu’à quatre heures de travail par jour ! »

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