Bourses étudiantes en FWB: un système qui n’est pas sans failles

Soupir de soulagement pour 3.500 étudiants de la Fédération Wallonie-Bruxelles : ils ne doivent plus rembourser leurs bourses étudiantes. Cette affaire aura toutefois pointé quelques faiblesses dans la gestion de ces allocations. Clarification.

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Ces derniers mois, entre 3.000 et 3.500 étudiants belges ont reçu une lettre leur demandant de rembourser leurs allocations d’études. Ces montants avaient été perçus entre 2016 et 2019. En cause ? Un quiproquo sur  la « condition de finançabilité ». Pour faire simple, un étudiant est considéré non finançable lorsqu’il n’avance pas assez vite dans son parcours d’étude. Ce critère ayant été mal compris par plusieurs étudiants, certains ont obtenu une bourse alors qu’ils n’y avaient pas « droit ». « Le problème, nous explique Chems Mabrouk, présidente de la FEF, c’est que ce critère est vérifié à posteriori. L’administration a jusqu’à cinq ans pour réclamer une bourse non valide ».

L’octroi d’une allocation d’étude est notamment régi par l’Arrêté du Gouvernement de la Communauté française fixant la condition peu aisée des candidats à une allocation d’études ainsi que les critères servant à déterminer les montants des allocations d’études. Est considéré comme « peu aisé », un étudiant « dont l’ensemble des ressources annuelles du ménage auquel il appartient » ne dépasse pas certains maxima repris plus loin dans le document. Ceux-ci vont de 21.030,65 € pour un candidat qui subvient seul à son entretien à 44.483,78 € si l’étudiant réside dans un foyer à quatre personnes à charge. Le montant augmente ensuite de 5.256,84 € pour chaque personne supplémentaire à charge.

En plus des conditions financières, d’autres conditions entourent l’octroi d’une bourse d’étude, comme la nationalité de l’étudiant, son parcours scolaire, le délai dans lequel la demande a été envoyée, etc. « En fait, il y a une multitude de critères et c’est donc un système qui n’est pas très lisible pour l’étudiant », estime la présidente de la FEF.

Un critère décrié

En ce qui concerne le fameux critère de réussite, la ministre de l’Enseignement supérieur en FWB Valérie Glatigny a d’ores et déjà annoncé qu’un « nouveau critère sera d’application pour la rentrée de septembre » et que celui-ci « permettra de déterminer au moment de l’inscription si un étudiant peut recevoir (ou non) une allocation ». Pour elle, « il n’est pas envisageable que la Fédération Wallonie-Bruxelles finance ad vitam aeternam des étudiants qui ne sont pas sur une trajectoire de réussite ». Du côté de la FEF, on est mitigé face à cette réaction : « Le critère d’octroi de la bourse ne doit pas être associé à la réussite. Évidemment que les étudiants doivent réussir leurs années d’études, mais pour ça, il faut mettre un place une aide à la réussite. Responsabiliser l’étudiant en lui disant que s’il rate, il n’aura pas de bourse, c’est une énorme pression ». Sans compter que beaucoup d’étudiants boursiers travaillent aussi en parallèle de leurs études : « Un étudiant qui travaille a plus de difficultés. On ne casse donc pas le cercle vicieux en prenant la réussite comme critère », avant d’ajouter que « les étudiants n’ont de toute façon pas envie de rester ad vitam aeternam aux études ».

Un autre problème dans la distribution des allocations d’études : certains étudiants ne savent même pas qu’ils y ont droit… « Nous plaidons pour une automaticité des droits : dès que l’étudiant rentre dans le supérieur, il faut qu’il sache directement si il a accès à une bourse d’études ou pas. Des centaines d’étudiants pensent ne pas y avoir droit, ou ne savent même pas que le principe existe », pointe la FEF qui demande aussi le relèvement des plafonds d’octroi et un refinancement de l‘administration en charge « qui est surchargée et n’arrive pas à assurer le suivi de tous les dossiers ».

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