Malgré la sécheresse et les incendies, l’Australie vend son eau à des investisseurs

Alors que le continent est toujours sous l'emprise des flammes, un documentaire dévoile la financiarisation de l'eau qui a cours en Australie.

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Triste convergence des calendriers, alors que l’Australie est en proie à des feux de forêts dévastateurs sans précédent, Arte diffusait un documentaire sur la marchandisation de l’eau dans ce même pays. Réalisée par Jérôme Fritel, cette enquête intitulée Main basse sur l’eau est toujours disponible en ligne et nous apprend que le modèle australien est aujourd’hui imité ailleurs, notamment en Californie.
 
Ce qu’on apprend dans ce film a de quoi inquiéter quant à l’avenir. Si le pétrole était l’or du XXe siècle, le XXIe est celui de l’or bleu. Avec l’augmentation de la démographie et le dérèglement climatique, l’eau (dont 70% des réserves sont exploitées par l’homme) se raréfie. Réserve de plus en plus précieuse d’autant plus qu’elle est synonyme de vie, elle devient objet de convoitise pour des investisseurs qui spéculent sur sa valeur financière à venir. En clair, l’eau est devenue un objet de spéculation comme n’importe quel produit commercialisable. Cette vision des choses est déjà une réalité en Australie, continent le plus chaud de la planète où les sécheresses sont fréquentes.

Fin décembre encore, une entreprise détenue par des investisseurs chinois basés à Brisbane a ainsi obtenu l’autorisation d’extraire de l’eau dans la région. Elle prévoit de transporter l’eau vers une installation où elle pourra la mettre en bouteille et la vendre.
 
En Australie, en effet, un marché d’achat et vente d’eau a été créé. La logique, toute libérale qu’elle soit, n’était à l’origine pas dénuée de sens. L’Australie est le deuxième plus gros consommateur d’eau au monde (derrière les États-Unis) et on y sent poindre la pénurie depuis un moment déjà. L’État a ainsi fixé des quotas aux agriculteurs, offrant à des investisseurs privés d’acheter des réserves qu’ils vendent au prix du marché. Mais voilà, cela a attiré des financiers pour qui la sécheresse est synonyme de bonnes affaires. Et ceux-ci ne s’ennuient pas de quelconques valeurs morales ou simplement humanitaires, suivant à la lettre le principe de l’offre et de la demande  : plus il y a de sécheresse, plus le besoin d’eau se fait sentir, plus le prix augmente. Résultat, nombre d’agriculteurs doivent vendre leur ferme, incapables de payer le surplus d’eau nécessaire au prix du marché. Tout cela au profit des fonds vautours… et des gros agriculteurs industriels.
 
Cette marchandisation de l’eau n’est pas une idée neuve. Dans les années 80, le Royaume-Uni de Margaret Thatcher avait privatisé complètement le marché de l’eau, coupant instantanément le robinet aux mauvais payeurs. Aujourd’hui, des banques de fonds de placement comme Goldman Sachs, HSBC, UBS ou Allianz spéculent sur la flambée des prix de l’eau dans les années à venir. «  Ce n’est pas parce que l’eau est la vie qu’elle ne doit pas avoir un prix. Comment convaincre les gens de réduire leur consommation si vous leur donnez l’eau gratuitement  », lance dans le film un responsable de Citigroup qui annonce «  la fin de l’eau gratuite  ». Seule l’Europe semble à ce jour encore résister à cette logique financière de l’eau.

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Comment faire un don pour l’Australie  ?

Tandis que les flammes continuent de ravager l’Australie (26 personnes sont mortes, des centaines de millions d’animaux ont péri et 80.000 km², soit la superficie de l’Irlande, ont été détruits par les flammes depuis le début de la crise en septembre), les dons s’organisent afin d’aider à lutter contre les incendies.
 
Comment faire un don  ? Le plus simple est sans doute de passer par des organisations internationales présentes sur place et qui ont un siège en Belgique. La WWF, Greenpeace ou la Croix Rouge organisent chacune une collecte de dons via leur site web.
 
Sinon, vous pouvez faire un don à des organisations locales comme Wires ou Science for Wildlife, mais cela a deux inconvénients  : vous devrez payer une commission comme pour n’importe quelle transaction internationale et vous ne bénéficierez pas de réduction d’impôts.
 
L’actrice australienne Céleste Barber a quant à elle organisé une cagnotte sur Facebook pour venir en aide aux pompiers de Nouvelle-Galles du Sud qui sont en première ligne face aux feux. Elle a déjà récolté 27 millions d’euros.

 

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