Les propos surréalistes de Salah Abdeslam: « J’ai pris un Menu Fish au McDo juste après les attentats »

Le Parisien révèle le contenu de propos tenus par le djihadiste Salah Abdeslam en prison, alors qu'il pensait se confier à deux co-détenus. Une conversation invraisemblable.

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L’unique survivant des attentats du 13 novembre 2015 était enregistré à son insu dans sa cellule de Bruges, où il était emprisonné en 2016. Il s’adressait alors à deux hommes bien connus de la justice, puisqu’il s’agissait de Mehdi Nemmouche, mais aussi de Mohamed Bakkali, que l’on soupçonne d’être également impliqué dans les attentats de Paris.

Des échanges extrêmement cyniques, dans lequel il explique par exemple que la nuit du 13 novembre 2015, il était dans une cage d’escalier d’un immeuble à Châtillon, situé près d’un McDonald’s, et qu’il a acheté « Au drive, tu vois, au drive, j’ai pris un Menu Fish ». Il explique également qu’il a rencontré un groupe de jeunes dans ce McDonald, alors que le reste des djihadistes étaient occupés à massacrer des dizaines de personnes au Batacalan. « J’ai parlé avec eux parce qu’en fait, ils avaient un appareil et, tu vois, il y avait les actualités. Ça me permettait d’être à jour »

« Avec la sacoche et tout, on dirait que j’avais de grosses fesses »

Celui qui sera jugé dans les prochains mois pour « meurtres et tentatives en relation avec une entreprise terroriste » dont on croyait qu’il s’était ravisé à la dernière minute, explique aussi que s’il décidé d’enlever sa ceinture d’explosif, c’est parce que « Avec la sacoche et tout, on dirait que j’avais de grosses fesses » tout en racontant à ses interlocuteurs comment il avait fait pour s’en débarrasser. « T’avais déjà jeté la truc (la ceinture explosive)?», demande Mohamed Bakkali. « Oui évidemment, t’es ouf ou quoi? (rires) En fait, j’ai demandé un renseignement à un type. Il m’a regardé de la tête aux pieds: il regardait ma veste. Il voyait qu’il y avait quelque chose de bizarre. On dirait que je faisais 90 kg, mon frère. C’était trop voyant, je savais que je devais m’en débarrasser »

Il raconte également comment il a quitté le territoire français pour rejoindre la Belgique. Et notamment le fait qu’il a croisé une équipe de télé belge, alors qu’il n’était pas encore identifié, qui lui a demandé «Vous trouvez normal qu’il y ait des barrages comme ça?» J’ai dit: «Oui c’est normal, vu les circonstances, il faut bien renforcer les barrages hein! J’étais à l’arrière». Durant toute la conversation, l’homme de 30 ans affiche le même détachement face à la tuerie à laquelle il est lié.

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