Salaires : comment s’organisent les grévistes en France ?

Des cagnottes en lignes et d'importants dons, notamment venus de Belgique, permettent de "tenir le choc".

belgaimage-160081402-full

À l’entame de la 36ème journée de mobilisation contre la réforme des retraites en France, et de la 4ème journée de manifestation nationale, de nombreux grévistes commencent à souffrir de leur arrêt prolongé de travail. Une durée exceptionnelle qui montre leur détermination, mais impacte très lourdement leur portefeuille. Pour minimiser leurs pertes de salaire, les syndicats se sont organisés, la solidarité tant morale que pécuniaire afflue,… De nombreux systèmes ont été mis en place pour permettre de tenir le bras de fer contre le gouvernement le plus longtemps possible.

Si la prime de fin d’année a permis d’atténuer les impacts d’un mois sans salaire, la cagnotte du syndicat info Com-CGT vient de dépasser les 2 millions d’euros. Cette caisse de solidarité financière avait été lancée fin mai 2016, suite à la grève contre la loi Travail. Mais comment est-elle alimentée ? Majoritairement par les dons, de plus de 30.000 privés, qui oscillent entre 20 et 500 euros en moyenne. « Cette caisse de grève est un outil permettant à davantage de travailleurs de cesser le travail plus longtemps. C’est un levier de l’action gréviste autant qu’un outil de solidarité et de mobilisation massive. » souligne un communiqué de la plate-forme. 25.000 euros ont ainsi été reversés le 8 janvier aux cheminots de Chalindrey, tout comme à ceux d’Annemasse, mais aussi à 7 autres comités de grévistes. 250.000 euros ont été reversé à la RATP.

Un élan massif de solidarité

Pour tenir le choc financièrement, d’autres solutions sont proposées, notamment par le syndicat CFDT (Confédération française démocratique du travail) qui possède une Caisse nationale d’action syndicale. Cette dernière permet de reverser 7,30 euros par heure pour les adhérent qui sont salariés à temps plein, quand ils effectuent plus de 7h de grève. La CFDT a également lancé sa propre cagnotte en ligne, tout comme une dizaine d’autres organisations. Une solidarité qui, en plus de renflouer le portefeuille des grévistes, permet aussi de tenir le choc moralement.

La Belgique aussi, a décidé de mettre la main à la poche pour soutenir les français, puisque la FGTB et la CNE ont annoncé qu’elles allaient participer aux différentes cagnottes. Un geste logique, selon les syndicats, puisque le dossier nous touche de près. Mais cela n’est pas toujours suffisant. Certains cheminots sont contraints de revendre quelques affaires pour faire rentrer de l’argent. Un vélo ici, une collection de vinyle par là, des vêtements pour d’autres. Des privations sont nécessaires également, et ce de la part de toute la famille des grévistes, pour garder le cap.

Sur le même sujet
Plus d'actualité