Famille royale britannique: pourquoi une telle fascination?

Le « Megxit », la prise de distance de Harry et Meghan avec Buckingham, est perçue comme un nouvel épisode de la « marque Windsor ».

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Coup de tonnerre à Buckingham ! Deux ans après son arrivée en grande pompe chez les Windsor, Meghan Markle, duchesse du Sussex, a décidé de tourner le dos à la famille royale britannique ! Le prince Harry et elle ont en effet décidé de renoncer à la plupart de leurs engagements publics afin de « devenir financièrement indépendants ». La décision, politiquement parlant, ne changera pas la face du monde ni même celle de la royauté britannique (Harry n’étant « que » sixième dans la succession au trône). Mais ce que la presse britannique appelle désormais le « Megxit » suscite de telles réactions dans la presse du monde entier qu’elle pose une autre question : pourquoi la famille royale britannique fascine-t-elle autant ?

Cette fascination, on la doit d’abord à « la firme » Windsor (le petit nom qu’à donné le prince Philip, le mari d’Elisabeth, à sa famille) et à sa présence très mesurée et très étudiée dans les médias. Cette politique médiatique prend racine dans les années 70, à une époque où l’image de la famille royale est écornée de toute part. Un mariage arrangé plus tard et l’arrivée de Diana, princesse du cœur, vont inverser la tendance… Jusqu’aux années 90. À la mort de Diana, la famille passe un deal avec les médias britanniques : que ceux-ci laissent les enfants William et Harry en paix, en échange de news et photos disséminées à intervalles réguliers par « la firme ».

Car la Royal Family se voit clairement comme une marque déposée, façon Apple ou Chanel. C’est en tout cas ce que dit la professeur américaine Cele C. Ones, co-autrice de Royal Fever : The British Monarchy in Consumer Culture à la BBC. Une marque de stabilité, de retenue et de tradition dans un monde qui change aussi rapidement qu’un tweet défile… Parlez-en aux Britanniques dont 70% se disent toujours royalistes, qui se voient aujourd’hui sortir de l’Union européenne. La Reine est leur stabilité, sa seule longévité lui vaut respect et pouvoir. Là-bas comme ici, la Reine d’Angleterre, c’est l’Angleterre.

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Vu de l’extérieur, les affaires de la famille royale se suivent comme une série télé. La famille royale est en quelque sorte le soap opera ultime. Plus forte que les fictions (car réelle) et plus forte que les célébrités (car de sang royal). Un soap opera devenu mondial avec Diana, dont l’aspect est accentué par la nouvelle génération : les dérapages du prince Harry avant son mariage, le mariage de la roturière Kate au prince William (deux milliards de téléspectateurs dans 180 pays!), les accointances du prince Andrew avec le peu reluisant Jeffrey Epstein et, bien sûr, l’arrivée de Meghan Markle dans la famille, elle-même actrice de sitcoms !

Tout cela est minutieusement reporté par les tabloïds (qui ont cassé désormais le deal avec « la firme ») et la presse internationale avec zèle et régularité afin que nous n’en rations pas une miette. Mieux que Downtown Abbay, mieux que La Reine des Neiges, la Royal Family, le soap opera le plus populaire de la planète. The Crown (la série Netflix à succès sur le règne d’Elisabeth II) peut nous nous donner l’impression de nous immiscer dans l’intimité de la reine. Malgré toutes ses qualités, elle ne dépassera jamais la réalité tant que nous en serons si régulièrement abreuvés.

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