« Play », un film étonnant et original

Apparu sur Internet - avec la chanson Ce soir, tu vas prendre -, Max Boublil dédie l’étonnant Play à toute sa génération.

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Le jour de ses 13 ans, Max reçoit un caméscope. Nous sommes en 1993 et le temps n’est pas encore venu des portables qui permettent de filmer tout et n’importe quoi. Alors Max filme sa famille, ses potes de lycée et puis Emma dont il va très vite tomber secrètement amoureux. Arrivé à la quarantaine, Max va monter ces milliers d’heures de rushes parce qu’il a besoin de faire le point sur sa vie. C’est ce montage d’images datées, à la manière de photos jaunies, qui constitue ce film un brin nostalgique. “Ma génération n’a pas tellement de films qui parlent de l’époque où on était ados, explique Boublil. Pas de film témoignage de ces années 90. Je voulais montrer à mes filles comment était cette époque. Oui, il y a de la nostalgie, mais ce n’est pas une énergie négative. On dit “regardez comment c’était avant”, mais pas que c’était mieux avant.

La forme choisie pour raconter cette histoire générationnelle est originale et difficile à écrire. “Le personnage du film ne prend jamais sa caméra sans justification, continue Max Boublil. Donc, il fallait à chaque fois trouver la raison pour laquelle le personnage était en train de filmer pour raconter ce que nous voulions. Et c’était hyper-compliqué.” À une époque où les portables désacralisent l’image, Play redonne quelques lettres de noblesse à toutes ces scènes filmées en amateur qui dorment dans des caves ou des greniers. “Aujourd’hui on filme trop et mal, conclut-il, alors qu’avant on filmait peu mais bien. Et puis les gens trouvaient bizarre d’être filmés. Il nous semblait important de dire qu’à une certaine époque, quand on filmait quelque chose, il y avait une bonne raison.

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