Plus aucune chaîne de télé ne veut diffuser Miss Belgique et on comprend pourquoi

De plus en plus cheap, le concours qui doit élire la plus "jolie" Belge du Royaume ne sera plus retransmis sur nos écrans. Une sage décision ?

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Si les concours de Miss remportent encore l’adhésion du grand public dans de nombreux pays, comme en France et aux États-Unis, en Belgique la compétition n’a plus la cote. À tel point qu’aucune chaîne de télé ne veut plus se risquer à diffuser le concours cette année, ni même AB3, qui retransmettait pourtant Miss Belgique depuis 2013. Que s’est-il passé au juste ? Le directeur des programmes, Philippe Zrihen, s’est exprimé à ce sujet dans un communiqué. « L’élément déclencheur est que l’élection n’était plus diffusée en télévision en Flandre. Du coup, la production de l’émission était devenue fragile. À moins d’un mois de l’élection, nous étions confrontés à trop d’incertitudes sur le résultat final. Ce sont ces éléments-là qui nous ont poussés à nous abstenir cette année. Il était donc plus raisonnable pour AB3 de ne prendre aucun risque. » Il ne ferme toutefois pas la porte à une diffusion de la compétition lors d’une prochaine édition.

Mais est-ce vraiment une mauvaise chose que le concours ne soit plus diffusé sur nos écrans ? Au fur et à mesure des années, le décor et la mise en scène se sont dégradés. Lors de ses dernières éditions, le show ressemblait plus à une parodie de Miss France qu’à l’élection d’une reine de beauté à proprement parler. Une équipe de l’émission Quotidien de Yann Barthès s’était d’ailleurs délectée de cette ambiance « strass et cacahuètes », en pointant notamment les séquences de présentation des candidates qui racontaient des anecdotes pour le moins étranges au lieu de partager leur projets d’avenir. « Voici Jotti, qui quand elle a échappé à sa maison en flammes, a mesuré à quel point il fallait toujours rester positif dans la vie » ou encore « Donna, qui travaille avec son père dans la négoce de viande et transporte et découpe des kilos de viande. Le soir, elle est esthéticienne indépendante. » Pour le glamour, on repassera.

Miss Malaise

Sans compter sur le fait que la cérémonie est organisée dans un parc d’attraction, le parc Plopsa Theater de La Panne, qu’au moins une fois sur deux, les invités semblent saouls dans le parterre, que les tenues des Miss sont (très) cheap et que les choix musicaux qui les accompagnent sont parfois très discutables. (On en parle, de la chanson qui dit « J’ai pas envie de m’habiller, si tu veux passe à la maison, on s’y amuse en toutes saisons » quand les candidates défilent en maillot de bain ?)

Preuve de la perte de vitesse du concours, le comité organisateur a même du mal à trouver des prétendantes au titre de Miss Belgique. Du coup, cette année, ils ont décidé d’aller chercher des candidates sur les réseaux sociaux et de faire participer des « influenceuses » pour espérer remporter au moins l’adhésion de leurs followers.

Vous avez dit rétrograde ?

Avoir l’impression de participer à une kermesse plutôt qu’à une compétition de beauté a de quoi refroidir. Mais là n’est pas le seul point noir du show. À l’heure post #MeToo, ce genre de compétition – basée uniquement sur le physique des femmes, où les seules questions posées aux Miss sont aussi délicates que « Est-ce que tu crois qu’il faut rester zen dans la vie ? » ou encore « Le réchauffement climatique et le respect de la planète, c’est quelque chose d’important pour vous ? » – a-t-elle encore une raison d’être ? Un concours qui accroît la compétition et la comparaison entre les femmes et surtout qui standardise un certain type de beauté est dommageable et rétrograde. En 2020, il serait peut-être de bon ton de se dire que l’ère de la femme objet est révolue.

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