Qu’est-ce que le secret pontifical aboli par le pape François ?

Le chef de l’Église a levé ce code de confidentialité en cas d’abus sexuels, rendant publiques les dénonciations d’agression sexuelle.

© Belga Image

Une étape supplémentaire dans la lutte contre les agressions sexuelles commises au sein de l’Église catholique a été franchie ce mardi. Dans un communiqué, le Vatican annonce en effet que le pape François a levé le secret pontifical sur les dénonciations d’agressions sexuelles et sur les procès et verdicts dans ce domaine.

Le secret pontifical (aussi appelé « secret du pape ») est un code de confidentialité qui protège « les informations sensibles relatives à la gouvernance de l’Église universelle ». Comme le précise le Forum Catholique, il s’apparente au « statut ‘confidentiel’ commun aux sociétés et aux gouvernements civils ».

L’Instruction Secreta Continere du 4 février 1974 publiée dans le journal officiel du Saint-Siège énonce dix thématiques couvertes par le secret pontifical. Parmi celles-ci : « les dénonciations extrajudiciaires de crimes contre la foi et la morale ou contre le sacrement de pénitence » et « tout ce que le pape, un cardinal chargé d’un département de la Curie romaine, ou un légat pontifical considère comme d’une importance telle que cela exige la protection du secret papal ».

La fin du silence

Jusqu’à aujourd’hui, ce code couvrait donc les faits d’abus sexuels sur mineurs au sein l’Église. Un « rescrit » publié aujourd’hui par le Vatican met fin à cette loi du silence. Le texte précise que « le secret pontifical ne s’applique pas « aux accusations, procès et décisions concernant les violences sexuelles commises par des clercs sur des mineurs, des personnes vulnérables ou placées sous leur autorité, la dissimulation de tels faits par la hiérarchie et la détention de matériel pédopornographique ». Une victoire pour les associations de victimes de violences sexuelles dans l’Église qui demandaient depuis longtemps son abrogation. Une bonne nouvelle également pour les victimes qui (à cause de ce « secret ») ne pouvaient jusqu’à présent ni suivre la procédure ecclésiastique contre leurs agresseurs, ni même être informée du résultat du procès…

Une certaine notion de « confidentialité » est cependant évoquée dans ce nouveau texte. L’Église précise que les autorités ecclésiastiques devront traiter toute information sur des cas d’agressions sexuelles de façon à « assurer la sécurité, l’intégrité et la confidentialité » des personnes accusées. L’information ne sera donc pas rendue publique, mais l’Église aura l’obligation de la transférer aux autorités judiciaires qui en feraient la demande.

Cette levée du secret pontifical en cas d’abus sexuels est en phase avec la volonté affichée du pape François de lutter contre les agressions sexuelles commises dans l’Église catholique.

Sur le même sujet
Plus d'actualité