Les dangers de l’automédication

Deux tiers des Belges prennent des médicaments sans l'avis d'un médecin. Un phénomène accentué par l'avènement des pharmaciens en ligne. Mais attention à ne pas en abuser, car il ne faut pas rigoler avec la santé.

belgaimage-158962083

Une récente étude de Solidaris souligne le fait que deux Belges francophones sur trois ont, en 2019, eu recours à l’automédication, le plus souvent pour soigner un rhume ou un état grippal. C’est 6 % de plus qu’il y a cinq ans. La pratique a surtout du succès auprès des familles à faibles revenus et monoparentales (75,8 %!). L’automédication n’est pas à éviter à tout prix. « Tout dépend de l’intelligence du patient et de celle de son pharmacien », résume le docteur président de la Société scientifique des médecins généralistes (SSMG) Thomas Orban. Il y a des gens prudents et bien conseiller et d’autres pas. Ca va donner des résultats différents. Mais je n’ai rien contre le principe de l’automédication de façon générale si c’est fait avec sagesse et prudence. »

Le représentant de l’Association pharmaceutique belge (APB) et pharmacien Alain Chaspierre s’accorde: « On ne voit jamais assez la valeur de l’automédication qui permet de résoudre une grande majorité de problèmes de santé mineurs. Si toutes ces personnes devaient aller chez le médecin, cela occasionnerait un surcoût énorme au niveau des soins de santé et le nombre de médecins généralistes, déjà insuffisants, ne serait pas assez élevé. »

Il illustre « Un patient qui se soigne pour un mal de gorge avec de l’automédication qui se résout en trois jours, c’est bien mieux que d’utiliser un antibiotique. C’est le rôle des pharmaciens. Nous devons jouer un rôle d’orientation, conseiller des médicaments adaptés et éviter que des personnes n’utilisent des produits qui pourraient plus leur nuire que les servir. D’autre part, il faut donner une posologie claire et assurer le suivi en cas d’aggravation ou de non-résolution du problème. L’automédication a ses limites et le recours au médecin est absolument nécessaire dans ce cas. »

Automédication en ligne, une bonne idée?

Avec le succès des pharmacies en ligne, l’automédication peut toutefois prendre une tournure moins saine. Car sur internet, on trouve à boire et à manger, et pas seulement des officines en ligne reconnues par l’Agence fédérale des médicaments et produits de santé (AFMPS). Certaines le sont néanmoins. Aline Legipont, pharmacienne chez Newpharma, rassure: « Quand on achète sur newpharma.be, qui est reconnu par l’AFMPS, on est en contact avec de vrais pharmaciens. Ce n’est que le prolongement numérique d’une officine physique à la différence qu’on ne vend que des médicaments sans ordonnance. Chaque mois, l’équipe de Newpharma vérifie 63.000 commandes et envoie de manière proactive 45.000 e-mails de conseils. » Avec quelle qualité? « Quand vous avez un patient en face, c’est parfois difficile de faire passer un message. Parfois on a des patients à l’officine avec leurs jeunes enfants ou qui se sentent mal. Comment voulez-vous tout expliquer ainsi? Ce que nous faisons, c’est reprendre les notices pour les vulgariser. On envoie ensuite les instructions par e-mail en leur disant: si vous n’avez pas compris, vous pouvez nous recontacter par e-mail ou téléphone. » Si vous décidez de vous automédicamenter en ligne, plus encore qu’en officine physique, la prudence est donc de mise.

Pour en savoir plus, lisez notre dossier « Médicaments: la fin des abus » de notre édition papier. Rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

Sur le même sujet
Plus d'actualité