Les images d’une expulsion musclée à Zaventem provoquent l’indignation

Lundi, le rapatriement d'un jeune Somalien dans son pays d'origine s'est soldé par un échec suite à la mobilisation des autres passagers de l'avion. Mais les vidéos de la scène, qui ont été largement partagées sur les réseaux sociaux, posent de nouveau la question des violences policières.

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La scène s’est déroulée ce lundi soir, 2 décembre, à Bruxelles. A., un jeune Somalien de 19 ans, arrivé en Belgique en 2015, doit être expulsé vers son pays d’origine après avoir vu ses demandes d’asile rejetées. Alors que la police escorte le jeune homme dans l’avion, des passagers se mobilisent contre ce rapatriement jugé inhumain notamment en raison de l’état de santé de l’individu. Une grande partie des voyageurs refuse de s’asseoir, et donc de décoller, en protestation. Un élan de solidarité, qui s’est soldé par l’abandon provisoire de l’expulsion… et l’arrestation musclée d’une des passagères, médecin pour MSF, devant se rendre en mission en Somalie. L’employée humanitaire a été sortie de l’avion et A. renvoyé en centre fermé. 

Filmée, la scène a été largement diffusée sur les réseaux sociaux. Elle provoque l’indignation des associations de défense des étrangers. Dans un communiqué commun, le Ciré, Médecin de Monde, la Ligue des droits humains, JRS et la Plateforme citoyenne dénoncent «des violences de plus en plus graves lors des tentatives d’expulsions». Ils demandent à ce «qu’un réel contrôle des expulsions soit mis en place et qu’il soit mis fin à la criminalisation des passagers qui s’indignent et s’opposent à une expulsion jugée violente».

Une plainte déjà déposée

Il faut dire que ce n’est pas la première fois que A. est confronté à ce type de violence. Lors d’une précédente tentative d’expulsion en juillet dernier, où des passagers se sont également opposés à son rapatriement, il affirme avoir été tabassé par des policiers belges l’escortant. Un rapport médical confirme les coups, selon l’avocate du jeune homme. Il a déposé plainte pour «traitements inhumains et dégradants, et coups et blessures volontaires». Une instruction a été ouverte à ce sujet et une enquête est menée par le Comité P, qui contrôle les services de police. 

En parallèle, un employé de l’Office des étrangers, présent lundi lors de la tentative de rapatriement, doit fournir un rapport à l’organisme. D’ici là, aucune nouvelle décision ne sera prise concernant le jeune Somalien, qui reste en centre fermé. 

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