La protection de nos données personnelles nous angoisse de plus en plus

Nous sommes de plus en plus inquiets pour notre vie privée face à un monde hyperconnecté. Le nombre de plaintes en lien avec la protection des données personnelles a augmenté de 86% entre 2017 et 2018.

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Ce n’est pas un raz de marée. Mais avec l’adoption du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) en 2018, le nombre de plaintes de citoyens européens a doublé en une année. C’est l’un des résultats enregistrés par Pierre-Nicolas Schwab, fondateur du bureau d’études de marché « IntoTheMinds ». Après avoir compilé des données provenant de 21 pays européens, il a calculé que 3 plaintes étaient enregistrées par 10 000 habitants en moyenne en 2018.

Les Slovaques sont ceux qui se plaignent le moins et les Irlandais ceux qui se plaignent le plus. À l’exception de l’Islande (-3%), tous les pays de l’Union Européenne montrent, après l’entrée en vigueur du RGPD, une hausse très nette des procédures initiées par les citoyens. La protection des données personnelles semble donc préoccuper les individus. La hausse moyenne est en effet de 86% sur les pays étudiés (en ce compris les pays pour lesquels les statistiques disponibles mêlent demandes d’information et plaintes). La hausse atteint 480% en Suède.

Des problèmes de protection de plus en plus grands

Les consommateurs sont de plus en plus conscients de l’importance de leurs données, constate l’auteur de l’enquête. « Les scandales à répétition sont là pour éveiller leur sensibilité aux problèmes de protection des données personnelles. La multiplication des appareils connectés et la digitalisation de nos vies convergent vers une récolte toujours plus massive des données personnelles et des problèmes de protection accrus. Même avec la multiplication des réglementations relatives à la protection des données personnelles (RGPD et bientôt e-privacy en Europe, ….) les défis sont immenses », explique Pierre-Nicolas Schwab.

La majorité des utilisateurs ne lisent toujours pas les politiques de confidentialité. Il faut dire que le design des sites web est conçu de telle manière à orienter le comportement de l’internaute (un “nudge” en anglais) vers le consentement. Pierre-Nicolas Schwab pointe les boutons d’acceptation toujours plus gros, mieux placés, plus colorés, les politiques de confidentialité kilométriques qui découragent de les lire… « Toutes les stratégies sont bonnes pour éviter que l’utilisateur ne s’interroge de trop. Et ça marche ! » Ainsi 56% des internautes acceptent les conditions d’utilisation des sites sans les lire.

Or à l’horizon 2025 on estime que 75 milliards d’appareils seront connectés à l’internet contre 25 milliards en 2019. Le nombre d’appareils connectés sera multiplié par 3 entre 2019 et 2025. Le problème va donc devenir de plus en plus énorme. « Le marché des bracelets connectés devrait par exemple quadrupler en valeur en l’espace de 6 ans. Vous comprenez bien que la concentration de données aussi sensibles (vos activités quotidiennes, votre fréquence cardiaque, …) au sein d’un seul conglomérat n’est pas de nature à rassurer les utilisateurs », note l’expert en marketing. « Le problème de protection des données personnelles ne peut donc que prendre de l’ampleur et le législateur devra suivre », conclut Pierre-Nicolas Schwab.

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