NewB pourrait devenir une banque avant l’été, mais des risques persistent

Le projet de banque coopérative a atteint, grâce à un engouement citoyen, les 30 millions d'euros nécessaires pour obtenir une licence bancaire. Reste à voir s'il tiendra la route dans la durée…

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Le pari est réussi. L’ambitieux projet de banque coopérative NewB a pu capitaliser plus de 30 millions d’euros, directement et sous forme de promesses de souscription. Cela était absolument nécessaire pour espérer obtenir une licence bancaire. La période de souscription à de nouvelles parts court tout de même jusqu’au 4 décembre 2019. NewB pourrait atteindre les 35 millions d’euros d’ici là. Elle doit ce premier succès à un engouement populaire et médiatique bien marqué. Au total, 55.000 personnes ont répondu à l’appel, notamment les jeunes adultes. L’âge le plus représenté étant 29 ans… La Région bruxelloise (400.000 euros) et la Wallonie (1 million en deux tranches) ont aussi donné un sacré coup de pouce au projet.

Grâce à une campagne marketing et de communication forte, NewB a pu convaincre. Sa recette? Être visible partout (En radio, dans les gares, sur le net…) et répondre aux préoccupations d’une part non-négligeable de la population. Elle promet en effet que ses activités bancaires seront « éthiques, transparentes et 100 % tournés vers la transition énergétique ». Ses crédits, notamment, devraient essentiellement servir aux projets de mobilité douce (et pas à l’achat de votre prochain SUV) ou d’énergie renouvelable.

Pas sans risque

Si les choses sont bien parties, tout n’est pas gagné pour autant. D’abord, ceux qui ont placé leurs billes dans la coopérative – qui joue la carte de la transparence – n’ont pas la garantie de les récupérer. La campagne de communication de la boîte fait à ce titre l’objet d’un avis de l’Autorité de régulation des finances en Belgique, la FSMA, qui précise, entre autres, que « investir dans les Parts de NewB comporte des risques élevés […] de perdre une partie ou la totalité du montant investi. » La FSMA pointe notamment la « viabilité même du modèle d’entreprise », les risques « opérationnels élevés liés au démarrage d’une activité non éprouvée » et ceux liés aux « besoins supplémentaires de capitaux à concurrence d’environ 7.000.000 € sur une période de 5 ans, au-delà du montant de 30.000.000 € couverts par la présente Offre »L’administrateur délégué Tom Olinger nous confirmait récemment ce « risque à investir » en précisant que « ne rien faire est encore plus risqué » et que « les personnes qui investiront dans NewB doivent le faire en fonction de leurs moyens ».

Une vraie banque avant l’été?

Ensuite, la coopérative doit attendre l’avis, dans quelques semaines, de la Banque nationale de Belgique (BNB). Elle enverra alors le dossier à la Banque centrale européenne (BCE). Si tout se passe comme prévu, le projet pourrait devenir véritablement une banque avant l’été. Elle lancerait alors la commercialisation de ses comptes d’épargne (non réglementées, donc potentiellement avec un taux d’intérêt sous les 0,11 %) pour les particuliers et les professionnels. A noter qu’il ne devrait pas être possible de virer de l’argent d’un de ces comptes vers une autre banque belge. Cette restriction disparaitrait cependant pour les comptes à vue. Les cartes de débits pourraient également apparaître l’an prochain. Par contre, les crédits hypothécaires ne devraient pas être (du moins au début) disponibles pour des « raisons de sécurité ». Pour cela, une banque doit en effet avoir les épaules solides afin d’encaisser les coups, les éventuelles crises financières et immobilières. Si un jour elle veut s’aventurer sur ce terrain-là, NewB devra probablement mener une nouvelle campagne de capitalisation. 

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