85.000 documents sur les millions de victimes du nazisme disponibles en ligne

Depuis mardi, les archives d'Arolsen mettent à disposition des milliers de documents concernant 10 millions de personnes persécutées par les nazis.

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Cela fait des décennies que le centre d’archives d’Arolsen, situé dans le centre de l’Allemagne, œuvre à rechercher et retracer la vie des personnes disparues lors de la Shoah. Toutes ces archives sont mises en ligne et accessibles au grand public. Près de 80 ans après la Seconde guerre mondiale, le travail d’Arolsen est toujours aussi important puisque « aujourd’hui encore, nous répondons chaque année à des demandes concernant quelque 20.000 victimes de persécutions nazies« , comme le stipule leur site. Un travail de mémoire d’une importance capitale.

Depuis le mardi 19 novembre, la base de données inscrite au Registre Mémoire du monde de l’UNESCO a été largement enrichi. Désormais, les visiteurs ont accès à près de 85.000 nouveaux documents sur 10 millions de victimes du nazisme. En mai dernier, une première salve d’archives avaient été ajoutée. Le principe est simple : entrer le nom d’une personne disparue dans le moteur et lancer la recherche. Fiches d’arrestation, dates, prénoms, années de naissance, arrivée en camp de concentration, exécution, la base de données se veut aussi riche et détaillée que possible.

Réunir des familles

Toute cette documentation provient du secteur d’occupation américain en Allemagne et a été collectée à la fin de la guerre dans les administrations et entreprises qui employaient des travailleurs forcés. « À l’hiver 1945/46, les quatre puissances occupantes avaient en effet donné des ordres aux communautés allemandes, aux entreprises, à la police et à d’autres institutions pour créer des listes d’étrangers, de juifs allemandes et d’apatrides enregistrés auprès d’eux. Cela comprenait des précisions sur les lieux de sépulture« , explique le média France Culture. Les documents collectés proviennent également des camps, prisons et de différents organismes chargés du rapatriement des réfugiés. Le service de recherches ne se cantonne pas à la divulgation d’archives. Chaque année, il réunit une trentaine de familles, séparées à cause de la guerre et ses déportations.

240 personnes – en partenariat avec plusieurs institutions internationales – œuvrent à alimenter ce système d’archives: le plus important au monde. D’ici 2025, de nombreux documents supplémentaires devraient être ajoutés afin de mettre – au minimum – un prénom et un nom sur les millions de victimes du nazisme. En plus du travail de mémoire capital que représente les archives d’Arolsen, elles sont également un moyen de « racheter les victimes et leurs proches et rappeler à toutes les générations futures de ne plus jamais laisser un tel mal se reproduire sur l’humanité« , comme le stipulait l’acte de détermination tripartite initiant les archives en août 1952.

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