« NewB répond aux urgences sociétales auxquelles nous sommes confrontées »

NewB espère devenir la banque belge de demain. Pour y arriver, la coopérative doit encore lever 22 millions d'euros en huit jours. Challenge accepté.

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Depuis une dizaine d’années, le projet NewB se dessine. Dans une période post crise financière, 24 organisations sociétales imaginent la banque du future qui s’inscrira loin de celles qui existent déjà. De ce postulat naît NewB : une coopérative belge œuvrant à la construction d’une banque éthique et durable, sans spéculation et utilisant l’argent présent sur les comptes pour des projets utiles à notre société. Contrairement aux institutions classiques, telles qu’ING, Belfius ou BNP Paribas, qui s’en servent pour financer l’armement ou les extractions de pétrole. Aussi, NewB se veut citoyen et démocratique. Chaque client est propriétaire, « chaque membre dispose d’une voix lors de l’assemblée générale. L’apport au capital ne joue aucun rôle dans les différents collèges (citoyen(ne)s, organisations, investisseurs) et chaque collège doit approuver les décisions pour qu’elles soient valables« , explique-t-il sur leur site.

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Votre banque est-elle éthique ? Classement réalisée par le site belge https://bankwijzer.be/fr

Pour que le projet voit concrètement le jour, il ne reste plus pour NewB « qu’à » récolter 30 millions d’euros afin d’espérer obtenir l’agrément bancaire de la Banque centrale européenne (BCE). « Nous venons de recevoir le feu vert de la FSMA (l’Autorité des services et marchés financiers, ndlr). À partir de 14h, nous démarrons une campagne de capitalisation qui durera 33 jours et aura pour objet de lever 30 millions d’euros, condition sine qua non et probablement la dernière pour obtenir une décision favorable de la BCE quant à la demande d’agrément bancaire« , annonçait le président de NewB, Bernard Bayot, lors d’une conférence de presse en octobre.

Aujourd’hui, il ne reste plus que 8 jours pour tenter de récolter encore 22 millions d’euros. Un contre la montre périlleux loin de déstabiliser l’équipe, plus motivée que jamais. Si la levée de fonds est une réussite et que la BCE accorde l’agrément, la coopérative pourra commencer ses activités bancaires en mai ou en juin 2020. Si l’objectif n’est pas atteint, tous les contributeurs qui auront participé seront remboursés en intégralité. Alors que Finance&invest.brussels, le bras financier de la Région de Bruxelles-Capitale, vient d’annoncer investir 400.000 euros dans la coopérative et en ajouter 600.000 de plus si nécessaire, Tom Olinger – CEO de NewB – répond aux quelques questions subsistantes.

Dans quel état d’esprit êtes-vous à une semaine de la fin de la campagne ?

Tom Olinger : « Notre équipe est super motivée. Nous ne lâcherons rien. On a l’impression très nette que nous allons y arriver. On voit une croissance des contacts, de l’intérêt et des visites sur notre site. La campagne a eu le démarrage qu’elle a eu, mais elle prend plus d’ampleur maintenant. Hier soir nous donnions une conférence à Arlon et on a dû rapatrier des chaises en plus tellement il y avait du monde. Ce soir nous serons à Liège et à Saint-Gilles et nous sommes persuadés qu’il y aura du monde aussi. La campagne s’intensifie, il est important de maintenir la mobilisation. »

Si vous ne parvenez pas à atteindre les 30 millions d’euros nécessaires, que se passera-t-il ?

« Il y a deux aspects. D’abord, d’un point de vue juridique, si on n’atteint pas les 30 millions le 27 novembre à minuit, la campagne s’arrête et nous remboursons entièrement les coopérateurs qui auront contribué. Après la date butoir, il y a un délais de 36 heures pour laisser le temps aux derniers virements d’arriver sur notre compte. Deuxièmement, NewB est une coopérative démocratique. Nous organiserons donc une assemblée et les coopérateurs décideront de l’avenir du projet. »

Lors de la crise de 2008, l’État a investi massivement pour redresser les banques. Pourquoi il n’investit pas également dans NewB ?

« La Région bruxelloise vient d’investir et nous gardons l’espoir que l’une ou l’autre institution similaire fasse de même. Pourquoi l’État n’investit pas davantage ? Il faudrait lui poser la question. Je le regrette et ne le comprend pas. Par ses caractéristiques et les défis qu’il veut relever, NewB est pourtant une solution. »

Avez-vous eu beaucoup de contacts avec l’État ?

« Il y a eu de nombreux contacts avec différentes entités. Des fondations, des universités, des entreprises, des grandes familles, etc. Les succès furent partiels et certaines discussions sont toujours en cours. Collectivement il y a une vraie responsabilité à avoir de la part de ceux qui partagent les inquiétudes liées à notre société et son futur. »

Si vous deviez donner trois arguments pour convaincre quelqu’un d’investir dans NewB quels seraient-ils ?

« D’abord, NewB répond aux urgences sociétales auxquelles nous sommes confrontées, notamment la crise climatique et financière. Ensuite, notre coopérative est une vraie structure démocratique où le client est propriétaire. Enfin, NewB va fournir des services financiers utiles pour ses clients. Ce qui signifie qu’ils seront transparents, éthiques et à un juste prix. NewB est une sorte de bateau pilote, un catalyseur. Nous voulons montrer qu’un autre mode de fonctionnement est possible et que l’évolution des institutions financières classiques est possible. Si on reçoit l’agrément, il est important pour nous que les personnes qui investiront dans NewB comprennent qu’elles doivent le faire en fonction de leurs moyens car elles ne récupéreront rien avant un moment. Il y a un risque à investir mais ne rien faire est encore plus risqué. »

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