« L’avocat des Diables » : séance plénière des matchs en Russie et face à Chypre

À l'issue de chaque rencontre qualificative pour l'Euro 2020, Moustique place les Diables Rouges sur le banc des accusés. Ont-ils vraiment tenu leur rang contre les Russes et les Chypriotes ? La séance est ouverte.

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Le réquisitoire

Y a-t-il vraiment des choses à redire sur ces deux dernières rencontres qualificatives ? Oui, les deux goals encaissés font un peu tâche d’huile. Particulièrement le 0 -1 inscrit par Chypre contre le pauvre Simon Mignolet, titularisé en match officiel pour la première fois en 4 ans, et qui n’a pratiquement eu rien d’autre à faire que de ramasser la balle au fond de ses filets… Mais franchement, à part ternir légèrement un bilan comptable exceptionnel (40 goals inscrits pour 3 encaissés, meilleure différence de buts de la campagne qualificative tous groupes confondus), ce n’est pas bien grave.

Aller… Comme tout le monde, on va quand même râler sur l’absence d’un stade national digne de cette équipe, qui obligera les Diables à jouer deux matchs de poules de l’Euro à l’extérieur. Ce sera dans le groupe B de l’Euro, face au Danemark à Copenhague – vraiment pas un cadeau -, et à nouveau à Saint-Petersbourg face à la Russie, puisque le tirage au sort de la phase finale est déjà faussé pour raisons diplomatiques (l’Ukraine, autre équipe des six têtes de série n’ayant pas de stade pour jouer à domicile, ne peut se rendre en Russie). À moins que le président ukrainien Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine ne se réconcilient autour d’une tasse de thé d’ici le 30 novembre (date du tirage au sort à Bucarest). Peut-être que Donald Trump, plutôt copain avec les deux, pourrait arranger ça ?

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La défense

10 nouveaux buts inscrits, dont 4 au cours du « déplacement le plus périlleux » de la campagne en Russie, la Belgique a pleinement assumé son statut de leader de ce groupe et honoré sa première place mondial au ranking Fifa. Tout aussi impressionnante que les résultats, la manière dont les remplaçants ont pris la relève des titulaires a été bluffante.

Thorgan Hazard (qui a sans doute définitivement gagné sa place à gauche dans le 11 de base), Timothy Castagne (plus qu’une doublure pour Thomas Meunier), les revenants Christian BentekeYannick Carrasco (peut-être le meilleur Diable face à Chypre) et Jason Denayer, Dedryck Boyata solide comme lors de la coupe du monde aux côtés d’un Thomas Vermaelen qui a retrouvé une nouvelle jeunesse depuis son exil au Japon, ou encore les petits nouveaux (Yari Verschareren et Elias Cobbaut) ont performé à un très haut niveau. Et tout le mérite revient à Roberto Martinez dont le coaching, à la fois humain et tactique, est simplement exemplaire. Qu’il va être dur de ne retenir que 23 joueurs pour l’Euro sur les 30 joueurs qu’il a sélectionné au cours de cette phase qualificative…

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Le verdict

Ce n’était pas parfait. Mais on a frôlé la perfection. 30 points sur 30 obtenus au cours d’une campagne qualificative. Peu d’équipes dans l’Histoire sont parvenues à réaliser une telle performance. Le tout avec la manière ! Car malgré un début de campagne un peu ennuyeux et une mi-temps à oublier à Saint-Marin, les Belges ont survolé leur groupe (certes faiblard, mais on n’y peut rien). De l’avis de nombreux spécialistes, ce groupe de joueurs apparaît encore plus fort que lors de la dernière Coupe du monde. Il a parfaitement digéré le départ de cadres comme Marouane Fellaini et – dans une moindre mesure – Moussa Dembele et permis l’éclosion de nouveaux joueurs.

Au-delà des chiffres et des performances individuelles, le plus rassurant est le jeu de l’équipe. Plus fluide et plus incisif en possession de balle face aux « petits » adversaires et toujours aussi destructeur en récupération et reconversion offensive (mon dieu ce 3e goal inscrit en Russie est une merveille du genre !)… On va se permettre d’y croire. La Belgique arrive à l’Euro dans un costume de favoris, ce qui n’était pas le cas lors du mondial 2018. Mais elle n’est pas la seule à prétendre à la victoire. S’il y a bien une chose à retenir du passé (coucou le Pays de Galles), c’est de ne pas se voir trop beaux et prendre garde à l’excès de confiance. Mais ces Diables ont affiché une telle maturité au cours de cette campagne qu’on doute que ça puisse arriver. Alors, Tous ensemble, tous ensemble, allons chercher ce premier trophée !

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