Coût des études : les étudiants ont-ils le droit de se plaindre ?

La FEF dénonce une précarisation croissante et de plus en plus préoccupante des étudiants belges francophones. À tort ou à raison ?

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Jeudi dernier, des étudiants du supérieur ont manifesté à Bruxelles. Pas pour le climat, mais pour réclamer une diminution du coût des études. Sur les ondes de La Première, la présidente de la Fédération des étudiants francophones (FEF), Chems Mabrouk déclarait jeudi dernier : « Une année d’études coûte entre 8.000 et 12.000 euros, ce qui est extrêmement cher. On pense donc que le gouvernement doit diminuer ces coûts en réduisant les droits d’inscription et en remboursant le matériel de cours. Il est nécessaire de remettre des moyens dans l’enseignement supérieur à travers le refinancement (…) pour éviter que les étudiants doivent jobber pour payer leurs études et galérer. » Pour s’en sortir, un étudiant sur quatre serait contraint de travailler en dehors de ses heures de cours.

La FEF n’a pas tort, une année d’étude en Belgique francophone vaut son pesant d’or. Elle coûte « certainement bien plus que dans certains pays, mais certainement bien moins que dans d’autres » nuance Le Soir qui a comparé les données recueillies par la Commission européenne sur le sujet. Le quotidien explique que « deux facteurs principaux font varier le coût des études : la hauteur du minerval et le niveau des bourses d’étude éventuelles. » Comme près de la moitié des pays européens, la Belgique francophone comptabilise un minimum d’étudiants boursiers (13%) et un maximum d’étudiants payant des droits d’inscriptions (87%). Sur papier, c’est ridicule comparé aux pays Scandinaves – souvent cités en exemple – où la part d’étudiants payants un minerval est proche de zéro et où le nombre de boursiers est maximal. Dans les faits, c’est plus compliqué.

Contrairement aux pays scandinaves – puisqu’on parle d’eux -, les familles qui envoient des enfants aux études chez nous bénéficient d’aides d’État « indirectes » sous la forme d’allocations familiales (125 euros par mois) et de déductions fiscales (estimées à 800 euros par an). « En somme, nous sommes restés dans une politique d’aide à la famille, un peu à l’ancienne, un peu conservatrice, alors que nombreux pays sont passés à une aide directe à l’étudiant, plus responsabilisante« , explique Julien Nicaise, administrateur de la Fédération de l’enseignement supérieur dans les pages du Soir. Mais outre les bourses délivrées par la Fédération Wallonie-Bruxelles, des aides financières plus directes existent également au sein-même des établissements d’enseignement supérieur qui reçoivent des budgets sociaux.

50 nuances de gris

Comparée au coût des études chez nos voisins (jusqu’à 10.000 euros pour un minerval en Angleterre), la situation n’est donc pas si mal. Mais dans le « coût des études », il y a les frais directs communs à tous, comme le prix minerval et les et les frais de matériel. Et ensuite tous les frais indirects, et ceux-là peuvent varier du tout au tout en fonction de la situation personnelle de chaque étudiant : le loyer d’un logement supplémentaire, l’équipement de celui-ci (meubles, internet,…), les frais de transport, la nourriture et – puisqu’il faut bien vivre tout de même ! – les loisirs. Ces paramètres représentent la majeure partie des dépenses liées aux études et expliquent la moyenne élevée du coût global annuel des études. Mais aussi pourquoi de nombreux étudiants sont contraints de travailler sur le côté pour subvenir à leurs besoins, souvent car leurs parents ne veulent ou ne peuvent pas se permettre de tels montants. Ce qui en oblige certains à vivre dans la précarité

 

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