Calculez votre bulletin écologique

Le score du Belge francophone atteint à peine 2 sur 10 en moyenne (contre 3 sur 10 l’année dernière). Et cela, qu’il soit préoccupé ou non par le climat. Testez ici vos bons réflexes.

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Les personnes interrogées dans notre enquête ont été soumises à six choix et ont dû déterminer ce qui était le moins polluant et écologique. Mais avant cela, il faut signaler que les francophones n’ont pas vraiment révisé: un quart d’entre eux seulement connaît l’accord climatique signé à Paris en 2016, celui qui prévoit de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius. Et une plus petite proportion encore est capable de dire que les 100 entreprises les plus polluantes du monde émettent ensemble 70% de toutes les émissions de CO2. Pour le reste, évaluer les choix les plus écologiques que nous pourrions poser dans notre quotidien reste extrêmement complexe. Du coup, nous trébuchons sur les réponses à apporter, que nous soyons préoccupés par le climat ou pas.

1) Vivre en appartement en ville ou dans une maison avec jardin dans un village?

Incontestablement, on pollue moins en vivant en appartement en ville. Pour deux raisons majeures: la surface est plus petite et on n’a pas forcément besoin de voiture pour se déplacer. Ce sont là deux composantes importantes de l’empreinte carbone qui sont souvent minimisées”, pointe Jonas Moerman, expert chez Écoconso. L’appartement est généralement mitoyen et les besoins en chauffage sont ainsi fortement diminués. La ville offre plus d’alternatives à la voiture et impose de plus petites distances. La campagne ne permet généralement pas d’envisager de se passer complètement de voiture. Quant au jardin, son intérêt écologique est extrêmement variable. “C’est intéressant de produire sa propre nourriture en potager, mais tout le monde ne le fait pas. Par ailleurs, un jardin peut se résumer à une grande pelouse qui est un désert biologique ou offrir une grande diversité. C’est très variable.” Les villes offrent d’ailleurs de nos jours de plus en plus de petits jardins bien pensés et pas mal d’insectes évoluent en zone urbaine. Pour des raisons écologiques, la tendance générale en matière d’habitat est de densifier plutôt que d’éparpiller des villas quatre façades.

2) Lire 100 livres en version papier ou 100 livres avec une liseuse électronique?

La réponse est complexe. Au départ, l’achat de la liseuse a cent fois plus d’impact sur l’environnement que l’achat d’un livre en papier. Elle implique notamment de faire venir de l’autre bout du monde des matériaux précieux comme le cobalt. Les livres en papier ont donc une empreinte écologique bien plus faible que le papier. Sauf que… “Si on lit plus de cent livres par an, l’empreinte de la liseuse est amortie. Les livres électroniques peuvent aussi être une solution pour des personnes qui voyagent beaucoup, par exemple. Mais un livre en papier est un objet durable. Les livres ne sont pas un combat écologique. Ils ne menacent pas la déforestation. Ce ne sont pas les livres qui doivent être mis en cause mais le papier utilisé pour imprimer à outrance et dont l’usage est de courte durée.” Les impressions au bureau sont ainsi à remettre en cause parce que souvent on n’utilise ces documents que peu de temps et parfois même pas du tout. Finalement, le plus écologique sera de louer des livres à la bibliothèque ou de se prêter des livres. Les boîtes à livres qui fleurissent dans un certain nombre de quartiers pour donner une nouvelle vie à des ouvrages représentent ainsi une piste intéressante.

3) Effectuer un seul trajet en avion en Asie pour deux ou manger végétarien à deux pendant un an?

C’est une colle et pourtant la réponse est claire et nette. Il est plus écologique d’éviter un seul trajet en avion en Asie que de s’appliquer à manger végétarien en amoureux pour compenser. Un aller– retour Bruxelles-Tokyo produit six tonnes de CO2 par passager. “Cela explose tous les plafonds, tranche l’expert d’Écoconso. Manger moins de viande éliminera à peine 500 kilos de CO2 de l’atmosphère par personne par an. On ne dit pas qu’aller en Asie est totalement irresponsable, mais alors il faut réduire ses voyages en avion pendant plusieurs années. Éviter les excès, c’est déjà pas mal.

4) Aller en vacances à Milan en train ou en bus?

On prendra le train. Le train produit 40 kg de CO2 pour l’ensemble des passagers tandis que l’autocar en produit 32 kg pour un nombre beaucoup plus restreint de voyageurs. Évidemment, bus et train sont de bien meilleurs choix que l’avion pour se rendre à Milan. La facture aérienne est de 560 kg de CO2 (250 kg de CO2 à proprement parler auxquels il faut ajouter les traînées de condensation, ozone, etc.). La voiture, elle, produit 248 kg de CO2. Et même si on remplit l’automobile de quatre personnes, cela reste 62 kg de CO2 par personne. Le train reste imbattable même si la voiture offre plus de flexibilité au voyageur.

5) Acheter chaque année pendant 10 ans un sapin naturel ou acheter un sapin artificiel et l’utiliser pendant 10 ans?

Le sapin naturel reste encore la meilleure option tant le plastique est polluant. Il faudra plusieurs dizaines d’années pour amortir l’empreinte ­écologique d’un sapin artificiel. La pire solution serait de se laisser tenter pour une année par la version artificielle. La meilleure solution, c’est de ne décorer sa maison d’aucun sapin ou de faire travailler son imagination pour la ­décoration: bricolages en bois, installations éphémères… Pour ce qui est du sapin naturel, on optera idéalement pour une version cultivée en agroécologie (pas d’engrais, de pesticides) et que l’on replantera.

6) Recevoir un box repas à la maison ou se rendre soi-même dans un supermarché pour acheter tous les ingrédients?

Surprise, le box repas l’emporte. Prendre sa voiture spécialement pour se rendre dans un supermarché à plusieurs kilomètres de chez soi est nettement plus polluant que de faire venir chez soi tout ce dont on a besoin pour faire son repas. Souvent, en plus, on achètera des plats tout préparés qui sont très polluants. Le mieux, quand on en a la possibilité, c’est de se rendre à pied et d’acheter soi-même les ingrédients, en circuits courts, en vrac, bio et de saison… Mais si on doit prendre sa voiture pour aller chercher un ingrédient qui manque, on ruinera ses efforts. On ne se rend pas toujours compte des petites erreurs. Le sac réutilisable a en soi un impact environnemental plus important parce qu’il est plus solide. Si on ne l’utilise que quelques fois, il n’a pas de sens.”

Pour en savoir plus, lisez notre dossier « Ecologie: cause perdue? » . Rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

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