« 200 millions de femmes ne décident pas où, quand et avec qui avoir un enfant »

Les femmes sont encore victimes de violences en tout genre. C'est surtout vrai dans les pays en voie de développement, mais aussi chez nous. Notamment grâce aux plannings familiaux, les choses évoluent positivement.

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Lors de la Conférence mondiale sur la population qui s’est déroulée du 12 au 14 novembre à Nairobi au Kenya, les experts de la santé et de l’aide au développement, les responsables gouvernementaux de plus de 160 pays dont la Belgique, des ONG, les Nations unies… se sont rassemblés pour faire le point sur les 25 dernières années. Force est de constater que tout ne va pas bien. Lors de l’événement, l’Organisation mondiale de la santé a rappelé les chiffres: 800 femmes enceintes meurent chaque jour de maladies évitables et 90 millions de femmes tombent enceintes involontairement chaque année. Une sur trois à cause de violences physiques ou sexuelles. La directrice générale de la Fondation allemande pour la population mondiale Renate Bähr a notamment déclaré lors de son discours public : « Le droit des femmes à l’autodétermination n’est pas encore une réalité : il reste encore plus de 200 millions de femmes qui ne peuvent pas décider quand, où et avec qui elles veulent avoir un enfant ». La directrice de l’Initiative internationale « She decides » Naisola Likimani a ajouté sur la scène: « Il y a toujours 25 millions d’avortements non médicalisés chaque année. Des filles sont encore mariées avant l’âge de 18 ans chaque année. La communauté internationale a donc décidé que le moment était bien choisi pour se réunir, partager les meilleures pratiques et s’engager de nouveau à changer cela une fois pour toutes. »

De nouveaux progrès et engagements

L’ONU a notamment profité de l’évènement pour s’engager à « défendre les droits humains de toutes les personnes, y compris leur droit à la santé sexuelle et reproductive, et accélérer tous les efforts en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes et des filles ». Mais aussi d’intensifier ses efforts « pour éliminer toutes les causes évitables de mortalité et de morbidité maternelles et infantiles, pour éliminer la violence sexiste à l’égard des femmes, des filles et des jeunes, et pour éliminer le besoin non satisfait en matière de planification familiale qui limite les droits et le bien-être de millions de femmes et de jeunes et limite leur potentiel. »

Lors de la Conférence, l’utilité des plannings familiaux dans le monde a notamment été mise en avant. Selon l’organisation Family Planning 2020, 314 millions de femmes et de filles sur les 926 millions en âge de procréer dans les 69 pays les plus pauvres au monde, utilisent désormais d’un moyen de contraception moderne (préservatif, pilule ou implant). Soit une augmentation de 53 millions en sept ans.

En Belgique aussi

Bien qu’elle soit plus importante dans les pays en voie de développement, la problématique du droit des femmes à disposer de leur corps et les violences faites à leur encontre n’est pas non plus étrangère à la Belgique. Le féminicide d’Aurélie Montchery par son ex-compagnon nous l’a encore rappelé le 4 novembre dernier. Au total, 21 femmes ont été tuées en Belgique en 2019 pour le simple fait qu’elles sont des femmes. Le fait que l’avortement soit encore inscrit dans le Code pénal est un autre exemple. Au point que des actions se déroulent chez nous aussi. Le 24 novembre prochain aura dans ce cadre lieu à Bruxelles une grande manifestation organisée par la plateforme Mirabal pour dénoncer les violences faites aux femmes.

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