En cas de crise, votre banque pourrait disparaître (pas votre argent)

En cas de crise économique, une banque sur trois pourrait disparaître à cause de leur trop faible rentabilité. Si cela arrivait aux institutions belges, vos premiers 100.000 euros seraient heureusement protégés.

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Faut-il craindre une nouvelle crise économique? De plus en plus d’observateurs le pensent. Les organes de contrôles belges et internationaux appellent d’ailleurs le secteur financier, qui prêterait parfois trop, à la prudence. Cette nouvelle étude du cabinet de conseil McKinsey, dont la réputation n’est plus à prouver, ne rassure pas. Si une crise similaire à 2008 explosait, une institution bancaire sur trois dans le monde pourrait disparaître. McKinsey pointe surtout les banques dont la rentabilité moyenne ne dépasse pas les 1,6 %. Celles qui resteraient debout vivraient aussi des jours difficiles puisque 80 % d’entre elles affichent une rentabilité des fonds propres inférieure au coût moyen de ces mêmes fonds propres. Autrement dit: elles ne créent plus de valeur. Les banques les moins solides seraient celles d’Europe de l’Ouest et des économies émergentes d’Asie. Les banques américaines ont elles des montagnes de liquidité qui devraient leur permettre d’amortir la crise.

Certaines banques montrent dès à présent des faiblesses, comme les deux fleurons allemands que sont Deutsche Bank et Commerzbank. Le groupe britannique HSBC est aussi en danger… Les banques belges pourraient aussi vivre des jours difficiles. Pour cause, comme l’estime la Banque nationale de Belgique (BNB), une maison ou appartement s’achète en moyenne 5,9 % trop cher en Belgique par rapport à sa valeur réelle. Ce qui pourrait laisser penser qu’une crise des subprimes, l’explosion d’une bulle immobilière, n’est pas à exclure.

Le modèle japonais

Pour faire face à ces difficultés, les banques européennes licencient toutes depuis plusieurs années. Selon Febelfin, le nombre d’emplois dans le secteur est passé de 63.000 en 2008 à 50.000 aujourd’hui, soit une baisse de 2 % par an. L’expert termine: « Le risque est que les banques de la zone euro ne parviennent pas à trouver de nouveaux actionnaires et qu’elles continuent à « vivoter » tant bien que mal, intervient le professeur à la Louvain school of management de l’UClouvain Mikaël Petitjean. Elles pourraient suivre le modèle des banques japonaises dont l’activité revient à collecter des dépôts et à prêter à l’État. Au bout du compte, les banques japonaises sont devenues des fonds d’investissement obligataire, avec une contribution contestable en matière de croissance économique. Les banques doivent pouvoir prendre des risques ; c’est une condition nécessaire à la croissance économique. Elles doivent évidemment mieux le faire que dans le passé mais ce n’est pas en les transformant en fonds d’État que la situation va s’améliorer. »

Si une crise se produisait, vous êtes heureusement relativement protégé. L’État belge protège en effet ce qui se trouve sur vos comptes épargne à hauteur de 100.000 euros. Il n’y a donc pas de risque que vous perdiez tout (sauf si toutes les banques belges faisaient faillite en même temps, alors l’État n’en aurait pas les moyens, mais c’est hautement improbable). Par contre, nul doute que vous subiriez cette crise et les pertes d’emplois ou du pouvoir d’achat qu’elle engendrerait de plein fouet.

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