Montessori, Decroly, Freinet… Quel enseignement alternatif choisir?

Environ 10% des écoles belges proposent un enseignement alternatif plus ou moins éloigné des structures traditionnelles. Pas facile cependant de bien comprendre les différences entre toutes ces pédagogies dites "actives". Tour d’horizon.

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« Il y a 36.000 manières de faire de la pédagogie active! », lâche le président de l’association inter-réseaux des directions d’écoles (AIDE) Ghislain Maron. Voilà qui est dit. Le flou règne parfois autour des différents enseignements alternatifs proposés en Belgique, à cause, notamment, de l’inexistence de labels. Si certaines écoles affichent clairement le nom du pédagogue suivi, d’autres se disent seulement « d’inspiration » Montessori ou tutti quanti. Quatre grands courants se distinguent cependant. À vos crayons!

La pédagogie Decroly


Ovide Decroly était un passionné. Le médecin belge, qui a vécu de 1871 à 1932, a tenté de révolutionner l’éducation nationale après s’être occupé d’enfants dits « irréguliers » (souffrants de troubles du langage ou de maladies nerveuses). Decroly croit en la globalisation de l’apprentissage: l’enfant doit d’abord observer, avant d’analyser et de s’attacher aux détails. Il lance ainsi la méthode globale de lecture, devenue célèbre autant que décriée. En 1936, ses idées sont reprises dans le programme officiel belge. « Un fiasco, car les enseignants n’étaient pas formés », raconte Ghislain Maron.

La pédagogie Montessori


Le crédo de Maria Montessori (1870-1952), c’est le respect du rythme individuel de l’enfant. La pédagogue italienne croit en l’auto-apprentissage et l’auto-discipline. L’adulte a une place d’accompagnant, qui offre un environnement positif et bienveillant pour aider l’enfant à se développer. La création d’un matériel pédagogique spécifique, aujourd’hui encore régulièrement utilisé, a participé à la popularisation de cette méthode. Une expérience de pédagogie Montessori « réactualisée » a été testée à grande échelle cette année en Belgique par Celine Alvarez.

La pédagogie Freinet


Célestin Freinet était un instituteur, un syndicaliste et un militant communiste français (1896-1966). Proche des milieux populaires, il développe une pédagogie basée sur le collectif: il veut favoriser l’entraide et la coopération entre élèves en créant des classes multi-niveaux. Dans son enseignement, pas de compétition, ni de notes, mais des dialogues d’évaluation. Les écoles à pédagogie Freinet, particulièrement développées en France, sont généralement gratuites.

La pédagogie Steiner


Si la méthode développée par Rudolf Steiner met elle aussi en avant l’autonomie de l’enfant, elle est davantage décriée que celles de ses trois comparses. Le philosophe autrichien (1861-1925) base essentiellement sa pédagogie sur la créativité artistique de l’enfant, comme socle pour intégrer des connaissances plus académiques. Souvent jugées sectaires et élitistes, les écoles Steiner sont surtout répandues en Suisse, en Autriche et en Allemagne.

Pour en savoir plus, lisez notre article « Pédagogie active: Des écoles pour l’élite? » en pages 24-25. Rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

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