Quelle marge de manœuvre pour Sophie Wilmès, la nouvelle Première ministre ?

La ministre du Budget change de siège et prend les rênes de notre pays. À la tête d’un gouvernement minoritaire et en affaires courantes, quel sera son réel pouvoir ?

© Belga Image / NICOLAS MAETERLINCK

Charles Michel souhaitant quitter le fédéral « plus tôt que prévu », soit avant la formation tant attendue d’un nouveau gouvernement, il fallait lui trouver un·e remplaçant·e. Bras droit de l’ancien Premier ministre depuis son entrée au gouvernement en 2015, la libérale Sophie Wilmès hérite du poste que certains qualifient de « cadeau empoisonné ». Notre nouvelle Première ministre hérite en effet d’une situation pour le moins complexe.

D’abord, le gouvernement est en affaires courantes depuis maintenant bientôt un an. Dans ce contexte, le fédéral ne peut que s’occuper du day-to-day politique et des affaires « urgentes ». En cas de réelles prises de décision, celles-ci doivent concerner des politiques ayant déjà fait l’objet d’accords sous un gouvernement de plein exercice. « C’est un cadre particulier qu’il faut absolument respecter », a reconnu ce matin Sophie Wilmès sur les ondes de la Première, tout en insistant sur la durée limitée de son nouveau poste : « C’est une situation qui ne doit pas durer. L’intérêt de la Belgique, c’est que nous ayons vite un gouvernement plein et entier et qui soit en capacité de prendre les mesures nécessaires ».

Ensuite, le gouvernement  dont elle hérite est minoritaire puisqu’il ne détient que 38 sièges sur 150 à la Chambre. Un gouvernement qui a aussi perdu 11 des 18 ministres et secrétaires d’État depuis son départ… Or, le fédéral devra traiter de nombreuses affaires dans les semaines à venir comme le plan énergie-climat attendu pour la fin de l’année et le budget 2020 dont la copie a été refusée par l’Union Européenne. « Beaucoup de choses sont sur la table et les marges de manœuvre sont limitées. C’est bien dans le respect de ce cadre-là que je travaillerai. Ceci étant dit, le respect des affaires courantes, c’est aussi la capacité d’être représenté au niveau international. Ce plan énergie-climat entre dans ce dispositif-là, avec en plus l’intervention des différentes régions et c’est quelque chose dont nous discuterons au sein du Comité de concertation », a expliqué la Première ministre.

Négociations sans fin

Celle qui s’auto-caractérise par sa « liberté » et sa « loyauté » regrette la lenteur des négociations en vue de former un gouvernement. « Il n’y a pas suffisamment de réunions à mes yeux. C’est loin d’avancer suffisamment égard au temps qui passe. Il manque ce sentiment d’urgence ». L’impatience (justifiée) de la Première suffira-t-elle à presser un peu plus les différents partis ? Ceux que tout le monde attend, la N-Va et le PS, tarderaient également à entamer de réelles discussions. « Il y a des rumeurs qu’ils se parlent. Mais il ne faut pas seulement parler, il faut avoir une discussion constructive, mettre un projet sur la table et y associer les autres partis. Ces discussions de contenu réel, on ne les a pas encore eues »

Reste à savoir combien de temps la Première ministre restera à ce poste délicat… On en saura un peu plus lundi prochain lorsque les pré-formateurs Geert Bourgeois (N-VA) et Rudy Demotte (PS) remettront leur rapport de mission au Roi.

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