Les parcs éoliens offshore pourraient fournir le monde en électricité: qu’est-ce qu’on attend?

Une nouvelle étude de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) révèle que les parcs éoliens en mer pourraient à eux seuls fournir plus d’électricité que ce dont le monde a besoin. Pourtant, la transition vers cette forme d’énergie renouvelable se fait à une allure d’escargot.

daniel-lee-e1jwobi1e-m-unsplash

« L’éolien offshore ne fournit actuellement que 0,3% de la production mondiale d’électricité, mais son potentiel est immense », a déclaré le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol. D’après de nouvelles recherches de l’Agence, les parcs éoliens offshore pourraient générer 36.000 térawattheures d’électricité renouvelable par an, ce qui permettrait de répondre facilement à la demande mondiale actuelle d’électricité de 23.000 térawattheures. En plus d’être bénéfiques pour la planète, ces installations pourraient rapporter gros. L’étude prévoit en effet que l’énergie éolienne en mer se multipliera par 15 au cours des vingt prochaines années, cette industrie constituant « la prochaine grande révolution énergétique ».

Belgique, cinquième

Notre pays a bien compris ce que son rivage pouvait lui apporter en termes d’énergie. En avril 2009, notre pays se dotait de ses six premières éoliennes en mer dans un parc nommé C-Power. Depuis, cinq parcs ont été installés et trois sont en construction. Une fois les neufs parcs opérationnels, la Belgique disposera d’un capacité installée totale de 2.200 MW, ce qui équivaut à la capacité de deux centrales nucléaires, soit à 10% des besoins en électricité du pays. À l’horizon 2020, 2.300.000 familles, soit environ la moitié des ménages belges, seront approvisionnés en électricité verte en provenance de la partie belge de la mer du Nord. Après le Royaume-Uni, la Chine, l’Allemagne et le Danemark, la Belgique est donc le cinquième producteur mondial d’énergie éolienne en mer. L’A.S.B.L. Belgian Offshore Platform (BOP) prévoir que d’ici 2025, la capacité de production des éoliennes offshore pourrait doubler et couvrir environ 20% de la demande d’électricité de notre pays.

UE, + 18%

Au niveau européen, la part de l’énergie éolienne augmente, mais à son rythme. Au total, le parc éolien de l’Union européenne a produit 362 TWh en 2018 dont 309 TWh par des installations terrestres et seulement 53 TWh par les parcs en mer. Cette production équivaut à 14% de la consommation d’électricité dans l’Union européenne en 2018 (contre 12% en 2017).

Dans son rapport de 2018, l’association WindEurope notait un certain ralentissement de la croissance du parc éolien européen. Cette décroissance concerne plutôt le parc éolien terrestre qui enregistre une progression de 9GW, ce qui représente une baisse de 35% par rapport à 2017. Un recul à mettre sur le compte de la chute des installations éoliennes en Allemagne. WindEurope note cependant que « les résultats sont largement plus réjouissants du côté de l’éolien en mer », notamment grâce à la mise en service de 15 nouveaux parcs. La capacité offshore européenne progresse donc de 18% et s’établit désormais à 18,5 GW pour 105 parcs répartis dans 11 pays.

Fabrique à hydrogène

Si l’augmentation générale de la production d’énergie par les parcs éoliens en mer est certaine, elle ne permettra qu’une légère augmentation de la part de l’énergie éolienne offshore dans la production mondiale d’électricité: celle-ci passera des 0,3% actuels à 3,1% d’ici 2040. L’AIE nous apprend cependant que, en plus de la production d’électricité propre, l’éolien offshore peut aussi aider à la fabrication d’hydrogène, l’une des alternatives au gaz fossile pour le chauffage et l’industrie lourde. « La fabrication d’hydrogène à partir d’eau nécessite d’énormes quantités d’électricité, mais une éolienne en mer abondante et bon marché pourrait aider à produire une alternative au gaz à faible coût et sans émission de carbone », explique l’Agence.

Dans son rapport, l’AIE note également une forte croissance de l’énergie solaire (dans l’UE, mais aussi en Inde et au Vietnam), sans doute grâce à la chute du coût des panneaux photovoltaïques et à des politiques publiques encourageantes. En tout, le rapport prévoit 50 % de capacités d’énergies renouvelables en plus dans le monde d’ici à 2024. Malgré ce boom potentiel, le charbon restera la première source de production d’électricité dans cinq ans, avec une part (quand même réduite) de 35 %. La part des centrales à gaz reste quand à elle stable, tout comme celle du nucélaire.

Les énergies renouvelables sont l’avenir du marché énergétique. Chaque pays membre de l’UE doit en effet atteindre plusieurs objectifs climatiques d’ici 2020: réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre, porter à 20% la part des énergies renouvelables et améliorer l’efficacité énergétique de 20%.

Sur le même sujet
Plus d'actualité