Racisme et emploi : où en est la Belgique?

Les critères raciaux sont la première source de discrimination dans le milieu de l'emploi. Particulièrement en Flandre...

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Le site de recrutement Glassdoor a publié les résultats d’une étude menée auprès de 5.000 personnes en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis sur le racisme au travail. Dans l’Hexagone, 28% des employés ont ainsi déjà été victimes ou les témoins d’un acte raciste sur leur lieu de travail. L’Allemagne s’en sort un peu mieux, avec tout de même 21% de réponses positives. C’est en revanche pire au Royaume-Uni (31%) et surtout aux USA où 42% des répondants déclarent à avoir vu ou subi une telle discrimination !

Autre résultat interpellant, le racisme sur le lieu de travail varie fortement selon l’âge des personnes interrogées. En France, 40% des adultes de la génération Y (entre 18 et 38 ans) l’ont subi, soit quatre fois plus que les personnes de plus de 50 ans. Les discriminations liées au sexe sont également répandues : trois Français interrogées sur dix ont déclaré en avoir constatées ou vécues. Le chiffre ne tombe qu’à 22% pour les discriminations envers les personnes LGBT+… Et qu’en est-il en Belgique? 

Constat pas fameux

Si aucune enquête du genre n’a été menée chez nous, il est cependant possible de dresser un constat en se basant sur les dossiers traités par Unia, l’institution publique indépendante qui lutte contre la discrimination et défend l’égalité des chances en Belgique. Et le-dit constat n’est pas fameux… L’an dernier, le centre a ouvert 510 nouveaux dossiers dans le domaine de l’emploi (soit 23,3% du total des dossiers), soit une diminution de 10,8% par rapport à 2017 (diminution principalement marquée au niveau du secteur public). Par rapport à la moyenne sur 5 ans, l’augmentation est cependant de 17,7% ! 

Avec 161 dossiers, le principal critère est racial (25% du total). Viennent ensuite le handicap (22,5%), l’état de santé (15,1%), l’âge (12,1%) et les convictions religieuses (8,7%). « Plusieurs aspects liés au travail entrent en ligne de compte« , précise Lode Nolf, responsable communication de l’institution. « Environ 30% des dossiers emploi touchent à la problématique de l’embauche, 25% à l’organisation et aux conditions de travail, 20% à des cas de licenciement et 12% aux relations professionnelles et au harcèlement. » Les personnes LGBT+ sont particulièrement touchées par ce dernier point. « Quand quelqu’un fait son coming-out ou vient avec son ou sa partenaire à un événement du travail, il peut par la suite faire l’objets de blagues à la con de la part de ses collègues. » 

Source : Unia

Source: Unia

Différences Nord-Sud

Le bilan 2018 d’Unia montrent des disparités entre Bruxelles, la Wallonie et la Flandre au niveau des principaux critères de discrimination. Ainsi, dans la capitale et la région wallonne, c’est le handicap qui arrive en première place, devant les critères raciaux et l’état de santé des travailleurs. En Flandre en revanche, la discrimination liée à l’origine ethnique, la nationalité ou l’ascendance devance de loin les deux autres critères. Mais est-ce vraiment surprenant quand on voit que l’extrême droite cartonne au Nord du pays et, qu’à son instauration, le gouvernement Jambon 1er a décidé de lâcher… Unia, en annonçant la création d’une institution d’égalité. Mais celle-ci ne sera compétente que pour les matières régionales et communautaires. Unia reste compétent en Flandre pour toutes les matières fédérales (discours et actes de haine, grande majorité en matière de la discrimination au travail).

Source : Unia

Source : Unia

Source : Unia

Sources : Unia

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