Les chiffres alarmants de la pollution numérique

La planète comptera 48 milliards d’objets connectés en 2025 avec une empreinte environnementale qui va tripler par rapport à 2010. Une étude française de GreenIT propose des solutions simples mais urgentes.

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Smartphones, tablettes, téléviseurs à écran plat, ordinateurs de bord pour voitures, enceintes Bluetoooth, laptops, robots pour tondre ou aspirer la moquette… Les objets connectés sont partout et facilitent indéniablement notre existence. Mais ils polluent aussi. À tel point qu’on pollue aujourd’hui plus avec son smartphone qu’en prenant l’avion… Dévoilée cette semaine par GreenIT, cabinet d’experts français spécialisé dans les pratiques environnementales, une nouvelle étude sur l’empreinte environnementale du numérique au niveau mondial a le mérite de ne pas se contenter de statistiques et d’extrapolations. Elle avance aussi des solutions pour réduire considérablement l’empreinte environnementale de tous ces objets connectés. Synthèse.

Combien d’objets connectés ?

En 2010, la planète comptait un milliard d’objets connectés. Aujourd’hui 4,1 milliards d’utilisateurs disposent de 34 milliards d’appareils connectés. En 2025, on en comptera 48 milliards. Alors que le parc des ordinateurs et des smartphones a tendance à se stabiliser, celui des téléviseurs numériques (525 millions en 2010 à 1,3 milliard en 2025) explose.

Quel impact sur l’environnement?

A l’échelle planétaire, l’empreinte environnementale du numérique équivaut à cinq fois celle laissée par le parc automobile français (180 millions de véhicules). La fabrication des objets connectés (nécessitant l’extraction de matières premières avec pour conséquence un lent et inexorable épuisement des ressources abiotiques), leur utilisation (consommation électrique principalement) et leur gestion (fabrication des réseaux d’hébergement, maintenance, récupération) sont les trois secteurs qui ont le plus d’impact sur l’environnement.

En matière d’impact sur l’environnement, la plus forte progression est celle des émissions de gaz à effet de serre qui passeraient, selon les calculs de GreenIT, de 2,2% en 2010 à 5,5% en 2025. Suivant fort logiquement la courbe des ventes, l’impact environnemental progresse plus ou moins rapidement selon le type d’objets connectés. Alors que les ordinateurs (laptops, PC) et imprimantes constituaient la principale source d’impacts avant 2015, un basculement s’opère aujourd’hui et va s’accélérer jusqu’en 2025 pour les télévisions et les objets connectés de type montres ou enceintes Bluetooth.

Quelles solutions?

Pour lutter contre la pollution numérique, les utilisateurs d’objets connectés doivent impérativement changer leurs habitudes de consommation, notamment en évitant de se suréquiper inutilement ou en ayant le réflexe d’éteindre la box télé ou le modem adsl lors de longues absences, voire chaque nuit (même si certains opérateurs ne le conseillent pas).

Les fabricants et les pouvoirs publics ont aussi leurs responsabilités. L’étude du GreenIT préconise ainsi d’augmenter la durée de vie des équipements en allongeant la durée de garantie légale. Plus la garantie légale est longue, moins vite le consommateur voudra remplacer ses objets connectés. Autre piste intéressante, la mutualisation des objets connectés. Dans un immeuble à appartements, pourquoi ne pas imposer, par exemple, un seul modem auquel chaque locataire pourrait se connecter avec un mot de passe personnel? Enfin, si le consommateur paye un taxe Recupel, force est de constater qu’il y a encore beaucoup à faire en matière de recyclage, voire de réutilisation d’objets connectés après reconditionnement ou mise à jour. Regardez chez vous, combien de « vieux » objets connectés fonctionnant encore traînent dans votre cave? Bref, ce ne sont pas le solutions qui manquent.   

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