Marieke Vervoort, une vraie championne, nous a quittés

La médaillée d’or paralympique belge est décédée ce mardi à l’âge de quarante ans. Comme elle l’avait souhaité, se laissant euthanasier. Retour sur un parcours exemplaire et sur une leçon de vie.

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A l’âge de quatorze ans, la vie de la Diestoise Marieke Vervoort bascule. Jusque-là  une ado « comme les autres », elle apprend qu’elle souffre d’une tétraplégie progressive. Une maladie dégénérative rare qui paralyse les jambes. Une maladie dont on ne guérit pas. Un processus irréversible.  Durant sa revalidation à l’hôpital, elle découvre le sport adapté. D’abord le basket en fauteuil roulant, puis la natation. Ce qui la mène au triathlon. Marieke va trouver dans la compétition de haut niveau sa seule raison de vivre et de se battre. Elle va tout y mettre. Sa rage, sa colère, son désespoir, sa tristesse et sa force de caractère.  Toute son existence sera menée par le même ryhtme. Les séjours en milieu hospitalier succèdant aux séances d’entraînement, les séances d’entraînement succèdant aux séjours en milieu hospitalier.

Rêve réalisé

Et son abnégation paye. En 2006, Marieke Vervoort  devient championne du monde de paratriahtlon en 2006. Titre qu’elle prolonge l’année suivante. Le 13 octobre 2007, elle réalise un rêve: disputer l’une des épreuves les plus mythiques au monde, l’Ironman d’Hawai. « Malgré un ennui mécanique avec mon matériel, j’ai été plus loin que ce que j’avais pu rêver », racontait-elle. Après avoir nagé 3,8 km en 1 heure 17 minutes, elle avait accompli les 180 km du parcours à vélo. Mais arrivée hors délais de 15 minutes, elle avait dû renoncer à la dernière partie, les 42,195 km de course à pied. En 2009, Marieke Vervoort doit opérer un tournant dans sa carrière. Il n’est plus possible pour elle de poursuivre le triathlon. Elle se lance alors vers le blokart (char à voile) avant d’arriver sur les pistes d’athlétisme en 2012.

L’or et la souffrance

Elue deux fois athlète paralympienne de l’année (2012 et 2015), Marieke Vervoort  remporté l’or (100m en chaise roulante) et l’argent (200m) aux Jeux Paralympiques de Londres en athlétisme en 2012, ainsi que l’argent (400m) et le bronze (100m) quatre ans plus tard au Brésil.  En 2015, aux Championnats du Monde organisés à Doha, au Qatar, elle rafle les titres sur  100m, 200m et 400m. Aucune athlète n’a réussi à faire mieux. Et pourtant, la maladie l’affaiblit chaque jour un peu plus.  « Tout le monde me voit heureuse avec la médaille d’or mais ils ne voient pas le côté sombre. Je peux souffrir énormément, dormir parfois seulement 10 minutes par nuit et tout de même aller chercher l’or », avait-elle ainsi avoué avant les Jeux Paralympiques.

Euthanasie

Marieke Vervoort ne l’a jamais caché à son entourage, les papiers pour recourir à l’euthanasie étaient prêts depuis 2008. « Je profite de chaque instant. Quand le moment viendra où il y aura plus de mauvais jours que de bons jours, alors j’aurai mes papiers en main pour l’euthanasie« , avait-t-elle expliqué. « Wielemie », comme on la surnommait, nous a quittés ce mardi. Elle laisse derrière elle un palmarès sportif impressionnant. On connaissait ses souffrances, mais elle a souhaité qu’on ne retienne que ses exploits sportifs et son sourire. « Les gens pleureront, mais je veux les remercier pour la vie que j’ai eue, pour le fait que je suis heureuse maintenant que je suis en paix« , exprimait-elle en décembre 2017 auTele graph. « Dans la vie, Le meilleur objectif que tu puisses avoir, c’est de rendre les gens heureux » Une leçon à retenir pour nous tous qui nous plaignons de tout pour un oui ou pour un non.

 Un dernier hommage lui sera rendu ce lundi 28 octobre à Diest. La cérémonie qui suivra sera célébrée dans la plus stricte intimité. Un registre est mis à disposition du grand public à l’hôtel de Ville de Diest de mercredi à lundi ou sur le site du service funèbre Papillon.

 

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