Le Joker, le nouveau visage de la révolte?

Que ce soit au Liban, au Chili, à Hong Kong ou aux États-Unis, les masques de l'anti-héro incarné par Joaquin Phoenix se multiplient lors des manifestations, depuis la sortie du film au cinéma.

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Les masques ont toujours été nombreux lors des émeutes et des soulèvements populaires. Après celui de Scream, les traits des Anonymous ont longtemps protégé l’identité des manifestants. Symbole du mal-être et d’une société profondément inégalitaire, c’est au tour du Joker d’incarner la révolte dans les rues du Liban, du Chili, de Hong-Kong et des États-Unis, où de plus en plus de masques et de maquillages de clowns font leur apparition.

Un homme déguisé en Joker à la tête de la manifestation à Concepcion, au Chili, lors de la manifestation du pays tout entier contre l’oppression du gouvernement et des forces militaires.

Leurs revendications sont assez similaires, comme au Liban, où les manifestants se battent pour demander de meilleures conditions de vie et le départ de certains politiciens. Un soulèvement populaire déclenché par de nouvelles taxes sur les appels passés via Whatsapp. Même schéma pour le Chili, où tout aurait commencé avec un ticket de métro. Son prix passait le 6 octobre de 800 à 830 pesos (soit de 0,99€ à 1,03€). Une augmentation qui succède à une autre de 20 pesos en janvier dernier, et qui a fait cette fois-ci figure de « goutte d’eau faisant déborder le vase » dans un pays où les inégalités sont de plus en plus fortes.

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Une manifestante libanaise, le visage peint comme le Joker, participe à une manifestation sur la Place des Martyrs, dans le centre-ville de Beyrouth, le 19 octobre 2019.

Le compte Facebook « Désobéissance Ecolo Paris » a répertorié plusieurs photos où l’on voit des manifestants des quatre coins du monde arborer les traits du personnage de Gotham City. « Comme si les manifestant.e.s prenaient conscience de ce qu’il y a de commun dans leur révolte et se répondaient par clin d’oeil. Le film #Joker, par-delà certains défauts, donne une image assez fidèle de nos sociétés, où s’accroissent les inégalités et les tensions entre riches et pauvres, dans un contexte de grisaille urbaine généralisée. Il serait absurde, dès lors, de distinguer « écologie » et « justice sociale ». L’ennemi est commun. Ce sont les mêmes riches qui exploitent les vies humaines et les ressources naturelles, jusqu’à les détruire : c’est pourquoi il n’y a d’écologie que populaire. »

Un contre-manifestant porte un masque « Joker » après un rassemblement du président américain Donald Trump à Minneapolis, dans le Minnesota, aux États-Unis, le 10 octobre 2019.

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