Le blob, spécimen le plus cool du monde, débarque au zoo

Ce n'est ni un animal, ni un végétal, ni un champignon. En fait, on ne sait pas trop ce que c'est, car le blob n'a pas encore dévoilé tous ses secrets. Mais à partir de samedi, il sera la vedette du zoo du Bois de Vincennes à Paris.

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Si vous n’avez jamais entendu parler du blob, sachez que cela ne ressemble à rien que vous connaissez. Et si vous aimez le cinéma, c’est bien le film d’horreur de 1958, The Blob, où Steve Mc Queen se débat contre une matière extraterrestre rose, visqueuse et assoiffée de sang, qui a donné son blaze à la bestiole.

Dans les faits, le blob est plutôt sympa malgré un nom scientifique bien barbare : Physarum polycephalum (qui signifierait littéralement « petite vessie à plusieurs têtes ». Uhg !). Il est en tout cas inoffensif, ce bazar jaune et gluant, quasi indestructible, unicellulaire, sans tête ni corps ni cerveau mais avec une mémoire, qui se déplace de manière complexe et suit son propre régime alimentaire. 

Apparu il y a 500 millions d’années, soit bien avant n’importe quel animal, on a longtemps cru qu’il faisait partie de la famille des champignons. Mais que nenni. Au début des années nonante, les scientifiques l’ont classé dans le règne des myxomycètes, soit une sous-classe des amibozoaires (sans vouloir vous faire l’affront de vous le rappeler). 

Son caractère unicellulaire le rend, par définition, minuscule à la naissance. Mais ses nombreux noyaux, qui peuvent se multiplier et se diviser à l’infini, rendent son expansion hors normes. En labo, le blob a déjà atteint une dizaine de mètres. « On peut créer des blobs de toutes les tailles, il n’y a pas de limite connue », a expliqué Audrey Dussutour, éthologue au CNRS et autrice du livre Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le blob sans avoir jamais osé le demander. Un blob de plus d’un kilomètre carré a d’ailleurs été observé dans les Appalaches aux États-Unis 

Bête de zoo

Le blob va donc intégrer le célèbre zoo de Vincennes, qui s’apprête à en faire une véritable attraction. « Notre mission, c’est aussi de montrer les mystères de la nature », s’est vanté Bruno David, président du Muséum national d’histoire naturelle et du parc zoologique. Une première mondiale. Même si concrètement, derrière une vitre, le spectacle est assez pauvre. Pour se rendre compte de sa capacité à tout engloutir, il faut accélérer les images de son expansion. Une animation que le musée proposera. 

Dans les labos du zoo, les biologistes s’amusent également à découper quotidiennement le même blob pour augmenter le nombre de spécimens. Sans que cela lui fasse mal, rassurez-vous, puisqu’a l’instar du ver de terre, chaque coupure cicatrisera.

Deux choses l’effraient cependant : la lumière et la sécheresse. Et encore, une fois desséché, il entrera dans un sommeil jusqu’à ce qu’il parvienne à se réhumidifier. « Dans cet état, il est quasiment immortel… On peut même le mettre au micro-ondes quelques minutes ! » signale Audrey Dussutour qui abrite dans son labo de nombreux spécimens, dont l’échantillon de base a plus de septante ans.

720 sexes

Comme le signale l’AFP, les physiciens étudient ardemment son système vasculaire, qu’ils pourraient tenter d’appliquer à des réseaux électriques. Et on l’a dit, le blob développe une mémoire malgré son absence de cerveau. Autrement dit, il évitera de passer deux fois au même endroit. Et lorsqu’un blob fusionne avec un de ses congénères, il incorpore la mémoire de son siamois. Bref, ce truc défie les lois de la biologie. 

Enfin, le secret de sa longévité est probablement à trouver du coté de son sexe. Le blob possède en effet 720 composantes génétiques liées au sexe (pour rappel, nous n’en avons que deux…). Ce qui signifie que lorsqu’ils se croisent, deux blobs ont 719 chances sur 720 de se reproduire. Cette mystérieuse éponge jaunâtre a donc encore de belles et longues années devant elle.

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