« L’avocat des Diables » : séance plénière des matchs face à Saint-Marin et au Kazakhstan

À l'issue de chaque rencontre qualificative pour l'Euro 2020, Moustique place les Diables Rouges sur le banc des accusés. Ont-ils vraiment tenu leur rang contre Saint-Marin et au Kazakhstan ? La séance est ouverte.

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Le réquisitoire

Un peu moins de quatre jours et plus de 5000 km séparaient les deux rencontres qualificatives des Diables Rouges. Le bilan comptable est sans appel : 6 points sur 6, 11 buts inscrits pour 0 encaissé et, surtout, une qualification acquise en l’espace d’un quart d’heure en fin de première mi-temps face aux amateurs de Saint-Marin, qui ont passé l’intégralité de leur rencontre à courir derrière le ballon (et le gardien Elia Benedettini à le ramasser au fond de ses filets entre 3 ou 4 beaux arrêts). On peut dire que ces 45 premières minutes au Stade Roi Baudouin effacent la laborieuse première partie saint-marinaise du mois dernier.

La performance de jeudi aurait été parfaite en mettant au fond ce fameux dixième pion synonyme de record national. À voir tous les remplaçants debout lors de l’ultime corner botté au bout du temps additionnel (et pour lequel Romelu Lukaku avait de manière un peu insolente demandé à Thibault Courtois de monter pour placer sa tête), nul doute que certains ont dû nourrir quelques regrets. La génération dorée n’a donc toujours pas fait mieux que ses aïeux de 2001 qui en avait planté 10 précisément face à Saint-Marin en 2001 (avant de s’en ramasser un à la 89ème…). Record à battre encore donc. Mais espérons que cette nouvelle mentalité de « morts de faim » continuera à animer les esprits des Diables de longues années.

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La défense

En comparaison avec la balade bruxelloise, la victoire de dimanche à Noursloutan – capitale fraîchement renommée du 9ème plus grand pays du monde – pourrait presque sembler poussive. Deux buts au marquoir, ça peut paraître trop peu au regard du standing de nos Diables. La faute à de courageux Kazakhs qui ont avalé les kilomètres sur un terrain synthétique pour effectuer un pressing intense et parfois limite. Mais gagner dans ces conditions, après un si long voyage et sans plusieurs piliers de l’équipe (Lukaku, Kevin De Bruyne, voire le chouchou du coach, Youri Tielemans) n’était pas si aisée. L’essentiel est acquis : trois nouveaux points dans les valises et – en attendant le résultat de la Russie – l’assurance de disputer la « finale » du groupe à Saint-Pétersbourg le moins prochain en toute sérénité.

Les Belges seront de retour sur les terres de leurs exploits mondiaux avec quelques petits nouveaux qui ont marqué des précieux points lors de cette trêve internationale et vont donner du fil à retordre à Martinez au moment de composer la liste pour l’EURO. Après une première montée en Ecosse – et même si l’opposition était particulièrement faible – le joyau anderlechtois Yari Verschaeren a fait forte impression face à Saint-Marin, inscrivant même son premier but sur le penalty qu’il avait lui-même provoqué. Associé à Axel Wistel dans l’entrejeu au Kazaksthan, Dennis Praet a de son côté fait preuve d’une belle maturité dans sa gestion du match et son passing précis pour faire rapidement circuler la balle. Une belle prestation ponctuée d’un assist pour le premier goal de Michy Batshuayi sur sa première occasion – c’est dire la qualité de la passe !

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Le verdict

Comme Rodrigo Beenkens l’a dit au coup de sifflet final dimanche après-midi : « Au-delà des résultats, ce qu’on retiendra de ces deux rencontres ce sont les sourires des joueurs« . L’entente entre les joueurs, autant sur et en dehors du terrain, a toujours été pointé comme l’un des points forts de cette génération. Tout semble simple pour eux, à l’image de Yannick Carrasco qui n’hésite pas à confier la responsabilité du penalty à un jeunot alors qu’il était tireur désigné. Ces Diables Rouges sont heureux d’évoluer ensemble, et cette joie est communicative avec leur public. Mais ces supporters doivent à présent se montrer davantage exigeants. Comme le déclarait cette semaine le consultant de la RTBF Frédéric Waseige, « cette génération a donné beaucoup de plaisir. La prochaine étape c’est d’aller au bout. Si elle ne va pas chercher un trophée, il y aura toujours un goût de trop, un goût d’échec. » Et on ne veut pas rester sur notre faim.

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