Ayib Ahmed, Prix Nobel de la Paix et homme aux mille luttes

Le Premier ministre éthiopien, a reçu le 100e Prix Nobel de la Paix de l'Histoire. Le comité suédois a souligné ses nombreuses actions en faveur de la démocratie dans son pays et ailleurs. Focus sur trois combats menés par le dirigeant.

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Il était annoncé comme l’un des favoris pour la plus prestigieuse des décorations. Abiy Ahmed a fait de sa vie une lutte. Pour son pays, ses voisins, ses populations. Pour la paix. Né en 1976 dans une petite commune du centre de l’Ethyopie, l’homme n’est pas issu d’une famille de politiciens. Après une carrière dans l’armée, il grimpe les échelons passant de député à ministre des Sciences et Technologies en 2015 à Premier ministre une poignée d’années plus tard. Déjà visé par une attaque à la grenade en mars 2018, Abiy Ahmed et ses aspirations démocratiques dérangent. Si certains combats sont dores et déjà gagnés grâce à lui, la guerre dans le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique est loin d’être gagnée.

La paix avec l’Erythrée

En seulement six mois, Abiy Ahmed est parvenu à un accord de pays avec l’Érythrée, pays voisin avec lequel tout contact était rompu depuis la guerre sanglante de 1998 à 2000. Les deux décennies qui ont suivi furent particulièrement virulentes. Une accalmie actée par une « déclaration conjointe de pays et d’amitié » entre les deux nations. Aussi, il s’est excusé publiquement pour les violences occasionnées par les forces de sécurités éthiopiennes et a accueilli des exilés qualifiés de terroristes par ses prédécesseurs.

Élections législatives

Depuis plusieurs mois, Abiy Ahmed fait pression pour que les élections législatives aient effectivement lieu en mai de l’année prochaine. Après s’être attaqué aux fondations de la dictature en place dans son pays, le Premier ministre entend bien laisser au peuple l’opportunité de s’exprimer et de voter. Dans un pays opprimé depuis de longues décennies, ces élections donneraient la possibilité à l’Ethiopie de prendre un nouveau tournant. Et permettrait à Abiy Ahmed d’être élu président.

Conflits religieux

Lé d’un père musulman et d’une mère chrétienne, le Prix Nobel accorde beaucoup d’importance à réconcilier les différentes croyances de son pays. En juillet 2018, il annonce un accord entre l’Église orthodoxe et les communautés chrétiennes issus de la diaspora. Aussi, pour réduire les violences inter-ethniques, il met en place avec le Parlement éthiopien une commission réconciliation.

À noter également sa lutte contre la corruption acté par l’arrestation de civils et militaires soupçonnés. Mais aussi la création de la garde républicaine et la libération de plusieurs prisonniers politiques. Cependant, Amnesty International a tenu à souligner que le putsch survenu en juin 2019 avait entraîné l’arrestation d’un millier de personnes. L’ONG craignait un recul de la liberté d’expression et de la démocratie naissante. 

Le bureau du Premier ministre a souligné le fait que depuis sa prise de leadership en avril 2018, Abiy Ahmed avait « fait de la paix, du pardon et la réconciliation des éléments clés de sa politique et de son administration« .

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