Présidence du MR: pourquoi les jeux sont ouverts

La présidence du MR est ouverte. Trois hommes veulent s'y présenter et deux femmes se posent la question. Tous ont jusqu'à la fin de la semaine pour déposer leur candidature. C'est Dallas à la Toison d'or.

Présidence du MR: pourquoi les jeux sont ouverts

Tout aurait pu rouler comme sur du papier à musique au MR si Willy Borsus n’avait refusé de jouer les chefs d’orchestre à la présidence du parti. Il avait la rondeur pour rassembler. Il avait été par le passé à la tête du groupe Renaissance lorsque Charles Michel s’était imposé contre Didier Reynders. Mais Willy Borsus a préféré continuer sa destinée au sein du gouvernement wallon. Il n’en est plus ministre-président depuis qu’ Elio Di Rupo a repris les clés de l’Elysette à Namur. Mais il en est un baron lourd et puissant des multiples compétences acquises, dont celle de l’économie. N’en parlons plus ? Didier Reynders, Charles Michel et Olivier Chastel sont sur le départ pour l’Europe, ou déjà ailleurs. Les chats sont partis, les souris dansent. Depuis lors, règne une certaine cacophonie dans les coulisses du parti réformateur qui se cherche un nouveau président.

Une lutte virile

Les seconds couteaux sont de sortie sans qu’un candidat s’impose a priori. Fort bien. Ce sera dès lors l’élection interne qui décidera de ce qu’il en sera. Trois candidats se sont pour l’heure déclarés, trois hommes, trois profils. Denis Ducarme, actuel ministre des classes moyennes, s’impose comme le ténor. Sa ligne est calée à droite sur les matières régaliennes et recentrée sur le reste. Georges-Louis Bouchez, 33 ans et les dents longues, s’annonce comme le jeune loup qui voudrait emmener la meute. Il aurait réussi le pari de rallier tant l’ancien camp des proches de Didier Reynders qu’avoir l’assentiment et des alliances du côté de Charles Michel. Le troisième homme vient de Crisnée, en région liégeoise. Il s’agit de Philippe Goffin qui prône un libéralisme de respect (de l’autorité, du dialogue, de l’écoute).

Deux femmes au balcon

Deux femmes sont encore au balcon pour le moment. Christine Defraigne a tempété en réalisant que les statuts du parti, jamais revus depuis 2002, ne lui permettaient pas de venir défendre son libéralisme progressif qui a fait recette à Liège où elle est échevine en alliance avec le PS. A la tête du parti, on a voulu apaiser le conflit en assurant que la baronne libérale avait bel et bien la possibilité de prétendre à la présidence. L’affaire suit à présent son cours sans qu’on sache encore si la dame se présentera bel et bien. Kattrin Jadin est l’autre femme qui se tâte. Germanophone, vice-présidente du MR, elle fait valoir qu’au sein de cet affrontement qui s’annonce très viril avec une prime délivrée à Georges-Louis Bouchez façon « homme de la situation », elle pourrait être la femme de la situation. Elle n’est pas encore officiellement candidate à la présidence mais si elle l’était elle voudrait défendre la bonne gouvernance et la place des femmes chez les bleus.

Levée d’ambiguïtés

La course à la présidence est loin d’être jouée. Les candidatures doivent être déposées avant ce vendredi 11 octobre à 16h. Elles seront soumises « à l’examen du Conseil du Mouvement Réformateur sur base d’une présentation objective de la situation » sous les regards de deux anciens qui en principe n’ont plus rien à jouer ou prouver, Richard Miller et François-Xavier de Donnéa. Aucune candidature ne serait rejetée a priori. « Toute ambiguïté sera analysée par le Conseil du Mouvement Réformateur qui se réunira le lundi 14 octobre 2019 avec pour mission de statuer à la majorité simple sur la recevabilité de chacune des candidatures », assure-t-on.

Pour en savoir plus, lisez l’interview de Sophie Wilmès. Rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

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