À cause du covoiturage, l’industrie automobile va mal

Si les moyens de mobilité douce sont conseillés pour décongestionner les routes et soulager l'environnement, ils font vivre des jours difficiles au secteur de l'automobile. Obligés de se réinventer, les constructeurs de voitures lancent des vélos électriques.

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Lors du premier semestre 2019, la production automobile en Europe a baissé de 6 %. Selon cette étude de l’organisation Agoria, les constructeurs belges actifs dans ce secteur, surtout des sous-traitants qui produisent certaines pièces, ont eux essuyé une chute de leur chiffre d’affaires de 15 % par rapport à l’an dernier. Le groupe belge d’assurance-crédit Atradius tente d’expliquer cette situation inquiétante dans une nouvelle étude. « Les cycles d’innovation sont de plus en plus courts par rapport au temps de production des voitures. Les fournisseurs doivent être plus flexibles dans la production de pièces de série et compenser les faibles chiffres de vente des modèles », commence Christophe Cherry. Pour ne rien arranger, nos constructeurs doivent souvent préfinancer certains coûts dont ils ne seront remboursés que plus tard. De plus, en deux ans, Atradius a noté que le risque de défaut de paiement par les clients de nos entreprises avait augmenté de 20 %. Christophe Cherry poursuit: « À première vue, les grands fournisseurs semblent capables de s’adapter à l’évolution des conditions du marché. Ce sont principalement les petits fournisseurs qui peuvent être exposés à des risques de crédit plus élevés. »

1 Cambio pour 10 voitures individuelles

Cette baisse de régime serait aussi due à la prise de conscience des citoyens qui privilégient désormais d’autres moyens de transport. Atradius pointe surtout le succès du covoiturage. D’après cette étude de autodelen.net en effet, plus de 180.000 utilisateurs sont enregistrés auprès des différents prestataires de covoiturage en Belgique. Les services de voiture partagée comme Cambio connaissent par ailleurs un large succès. « L’économie partagée offre la possibilité de remplacer 5 à 10 voitures par une seule. Une forte croissance est donc attendue dans ce secteur », note Christophe Cherry.

L’e-mobilité, c’est-à-dire les voitures moins polluantes souvent connectées, est également un défi pour l’industrie automobile. « Alors qu’à l’heure actuelle, la perfection du moteur à combustion est encore assez centrale, l’accent sera rapidement mis sur les voitures électriques, avec de nouveaux défis constructifs », ajoute Christophe Cherry.

Une trottinette Mercedes ou un vélo Ford

Ces nouvelles réalités obligent les leaders mondiaux de l’automobile à se réinventer. Ils développent à peu près tous des voitures moins polluantes afin de s’adapter au marché. Plus surprenant: de nombreuses marques développent des vélos et des trottinettes électriques haut de gamme. Ford a notamment lancé le Super Cruiser (4595 $), un bolide au moteur de 500 watts avec une autonomie de 50 kilomètres. General Motor commercialise un concurrent pliable (4200 $). Le mois dernier, c’est Mercedes-Benz qui a annoncé sa trottinette équipée d’un casque audio sans fil pour réduire le bruit de la circulation et écouter de la musique… BMW, Audi, Hyundai… travaillent aussi sur de nouveaux bolides de mobilité douce. Pas sûr, cependant, que ça rassure les sous-traitants belges de l’industrie automobile.

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