3 tueries de masse par an en Europe

L'Europe n'a jamais connu autant de victimes de tueries de masse à l'arme à feu que ces 10 dernières années. Les policiers abattus au couteau dans un poste de police en France nous rapellent une fois de plus que notre monde va mal.

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Les tueries sordides s’enchaînent et, malheureusement, ce n’est pas qu’une impression. Une enquête baptisée « Armed to kill » et menée par l’Institut flamand pour la Paix sortie ce jeudi recense 23 tueries de masse réalisées à l’arme feu entre 2009 et 2018 en Europe. Avec cinq drames, la France est le pays le plus touché, suivi par l’Allemagne et la Belgique. On se souvient du drame liégeois de 2011 : Nordine Amrani avait ouvert le feu sur la place Saint-Lambert et fait cinq victimes. On n’oublie pas non plus l’attaque de Medhi Nemmouche au Musée juif de Bruxelles.

La Finlande, l’Angleterre, les Pays-Bas, la Macédoine, l’Italie… la plupart des pays d’Europe sont concernés par au moins une tuerie. Le rapport ne considère cependant que les tueries de masse à l’arme à feu. Les attentats du métro de Maelbeek et de l’aéroport de Bruxelles-National en 2016 n’y apparaissent donc pas. L’attaque survenue ce jeudi dans une préfecture de police parisienne (quatre morts) n’aurait pas non plus été prise en compte, car l’auteur à utilisé une arme blanche. Ces exemples contribuent néanmoins à alimenter les craintes qu’on connaît actuellement en Europe. L’auteur de l’étude Nils Duquet explique: « En général, les attaques à l’arme blanche sont logiquement moins meurtrières, car c’est plus compliqué de tuer sans se faire arrêter. Ainsi, on n’a pas pris en compte, par exemple, l’attaque survenue l’an dernier en France dans un supermarché de Trèbes, car le gendarme et les victimes ont certes été blessés par une arme à feu, mais ont été tués par un couteau. »

Le constat est clair: ces dix dernières années ont été particulièrement violentes. « En moyenne, on compte deux ou trois tueries de masse à l’arme à feu chaque année, poursuit Nils Duquet. En 2015, à cause des attentats de Paris, il y en a eu cinq. L’an dernier, aucune. » Et en 2018, une seule, à Strasbourg au mois de décembre lors du marché de Noël. « La particularité est que les tueries de ces 10 dernières années ont été très létales. Au Bataclan, il y a eu 130 morts. À Utoya, en Norvège (L’affaire Anders Breivik, NDLR), 77. Même aux États-Unis on voit rarement des tueries de masse aussi meurtrières. »

900 homicides à l’arme à feu par an

« Ces tueries de masses lèvent le voile sur une problématique plus large: celle des armes à feu. Elles ne représentent en réalité que 3 ou 4 % de tous les meurtres. En Europe, il y a 900 homicides par arme à feu par an. Proportionnellement, c’est beaucoup moins qu’aux USA où on en compte 14.000. »

C’est la preuve que les politiques en la matière fonctionnent chez nous relativement bien. Cela ne signifie pas qu’elles ne peuvent pas être améliorées. L’expert de l’Institut flamand termine: « Les auteurs de tuerie de masse préfèrent les armes automatiques comme la kalachnikov. Or on ne peut pas acquérir légalement ce type de fusils. Ils les obtiennent donc sur des marchés criminels. Il faut évidemment une bonne législation, mais aussi donner les moyens aux services de police de contrer le trafic d’armes. Cela passe, notamment, par la lutte contre le trafic de drogues qui y est souvent lié. Il faut en outre que les États européens s’échangent davantage d’informations. » 

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