Dans l’ombre de Greta, ces jeunes activistes dont on ne parle pas

Greta par-ci, Thunberg par-là... S'il y a bien une chose sur laquelle les partisans et les détracteurs de la Suédoise sont d'accord, c'est qu'elle est surmédiatisée. D'autres jeunes mériteraient aussi un peu de lumière.

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Greta Thunberg est une rock star. Ses moindres faits et gestes sont scrutés, récupérés, détournés… Comme elle l’a déclaré à l’ONU, elle n’est pourtant qu’une adolescente parmi d’autres « dont on a volé les rêves et l’enfance avec des paroles creuses » – ou une « jeune fille très heureuse qui regarde vers un avenir brillant et merveilleux«  comme l’a décrite Donald Trump. Propulsée icône de la lutte contre le dérèglement climatique par les médias – rôle qu’elle a finalement été contrainte d’endosser devant l’urgence de la situation -, Greta Thunberg fait de l’ombre à d’autres (très) jeunes activistes qui militent tout autant qu’elle pour l’environnement et tentent de faire bouger les choses à leur échelle. En voici trois qui méritent particulièrement notre attention.

Autumn Peltier, 15 ans

Originaire du territoire Anishinawbe sur l’île Manitoulin située au nord de l’Ontario (Canada), Autumn Peltier est une militante autochtone âgée de 15 ans. Depuis deux décennies, les peuples autochtones du pays nord-américain éprouvent de graves difficultés à accéder à l’eau potable, obligés de faire bouillir l’eau avant de la consommer dans les territoires où ils résident. Autumn Peltier n’avait que 8 ans lorsqu’elle commence à prendre la parole publiquement pour mettre en lumière la catastrophe sanitaire. Elle est aujourd’hui reconnue comme une fervente défenderesse de la propreté des eaux.

À l’instar de Greta Thunberg, l’adolescente n’a pas froid aux yeux. Lors d’une Assemblée des Premières Nations, elle a confronté directement le Premier Ministre canadien Justin Trudeau – récemment au cœur d’une vive polémique liée au blackface – en lui offrant un verre d’eau et en se positionnant contre sa décision de construire de nouveaux pipelines sur les territoires où vivent les autochtones. Suite à cet événement, elle a été nommée commissionnaire en chef de la protection de l’eau par la Nation Anishinabek, une position précédemment occupée par sa grand-mère. Sa lutte est intersectionnelle. En prenant parole en tant que jeune femme autochtone, Autumn Peltier apporte non seulement une visibilité à l’urgence climatique et la problématique mondiale de l’accès à l’eau potable, mais aussi aux femmes autochtones qui sont souvent ignorées, faisant de la question climatique un enjeu féministe et antiraciste.

Isra Hirsi, 16 ans

Prendre ma parole publiquement et se battre pour une cause sont des choses innées pour Isra Hirsi. À 16 ans, elle a a mobilisation dans le sang, sa mère étant membre du Congrès des États-Unis. Co-fondatrice du U.S. Youth Climate Strike (la version américaine du mouvement des grèves étudiantes pour le climat) l’adolescente soutient le Green New Deal et s’oppose à un projet de construction d’un nouveau pipeline à travers le Minnesota, l’État où elle réside. Son combat n’est pas seulement climatique, mais aussi politique. Les personnes racisées sont en proportion plus touchées par le réchauffement climatiques mais sont pourtant largement sous-représentées dans les ONG qui luttent contre: seulement 12,4% contre 87,6%.

« C’est difficile d’être noire et jeune dans le mouvement environnemental parce que les endroits que j’occupent et les associations avec qui je collabore ne me représentent pas forcément« , déclarait-elle dans une interview à AJ+. « Je suis souvent la seule personne de couleur dans la salle. C’est plus difficile de défendre la diversité qui est une priorité pour moi, mais ce n’est pas ce qui compte le plus pour les autres. Les gens ne me prennent pas vraiment au sérieux. » Son message ? Les personnes privilégiés peuvent faire beaucoup pour aider les autres membres du mouvement pour la justice climatique. Il n’est pas seulement important d’utiliser ses privilèges pour éduquer les autres, mais leur donner les ressources nécessaires pour s’éduquer par eux-mêmes.

Xiuhtezcatl Martinez, 19 ans

Originaire du Colorado, le rappeur Xiuhtezcatl (prononcé Chou-Tez-Cat) Martinez est engagé dans la lutte contre le dérèglement climatique depuis l’âge de 6 ans. À travers les textes de ses chansons, de livres qu’il a écrits, au cours des conférences et voyages qu’il a entrepris, il essaye de sensibiliser le monde à l’urgence climatique et entreprendre des actions concrètes. « Oui, nous avons besoin que les politiciens agissent, oui, nous devons renverser le Sénat et élire un président qui prendra des mesures énergiques pour lutter contre le changement climatique. Oui, nous avons besoin que les Nations Unies et les gouvernements du monde entier se mobilisent pour décarboniser nos économies mondiales. Mais nous n’avons plus le temps de rester les bras croisés et d’attendre « , déclarait-il récemment à Green Matters.

En collaboration avec Earth Guardians (une organisation pour la justice climatique dont il est membre), l’artiste a donc tout récemment lancé « NOW ». Il s’agit une plate-forme transparente qui permet à tous de d’amoindrir les émissions de CO2 dans l’atmosphère par le biais de la culture, de la technologie, de la musique et plus, via un modèle d’abonnement flexible (pour un montant compris en 5 et 100 dollars) et dont l’argent sera investi dans la reforestation. C’est un peu le Netflix de la lutte contre la crise climatique.

Belga Images

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