Thomas Cook: voilà ce que le Fonds de garantie peut faire pour vous

Remboursements et gestion des prochains départs : cette sorte de mutuelle belge du secteur touristique est au four et au moulin depuis la faillite du tour-opérateur britannique.

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Imaginons que vous réserviez un séjour dans une contrée exotique ou un city-trip dans une capitale méditerranéenneet que l’intermédiaire qui vous a vendu le voyage tombe en faillite. Vous avez déjà payé, mais vous ne pouvez pas partir car la compagnie aérienne et l’hôtel n’ont jamais vu la couleur de cet argent. Pas de panique : vous récupérerez votre mise de départ grâce au Fonds de Garantie Voyages (GFG). Exactement le cas de figure qui concerne les clients de Thomas Cook Belgique. « Les tour-opérateurs et les agences de voyage doivent légalement souscrire à une assurance contre l’insolvabilité. Cela garantit aux clients qui donnent leur argent à ces intermédiaires de récupérer leurs sous en cas de problème. La majorité des tours-opérateurs le font auprès du Fonds de garantie. Les agences de voyage c’est moins le cas. Les banques peuvent aussi proposer ce produit », explique Brigitte Baetens, directrice adjointe du GFG. Voilà plusieurs jours que son organisation se trouve sur le pont pour gérer l’incertitude causée par la faillite de la maison-mère britannique de Thomas Cook Belgique.

12.000 touristes à l’étranger

Le Fonds doit actuellement faire face à deux types de situation : les clients qui ne sont pas encore partis et ceux qui se trouvent à l’étranger. Une situation qui concernait encore mardi quelque 12.000 personnes. « Pour les premiers, c’est très simple. On détermine au jour le jour si toutes les conditions sont réunies pour qu’ils puissent partir. C’est-à-dire si on est sûr que tout est payé sur place et qu’ils n’auront aucun problème. Ce mercredi et ce jeudi, aucun départ est ainsi autorisé. On évaluera la situation pour vendredi. Ils seront tous remboursés », indique Brigitte Baetens. Pour les touristes encore sur place, il s’agit de faire en sorte qu’ils aient bien un avion pour rentrer. Et si possible le vol initialement prévu. À l’exception de 350 Belges en Tunisie obligés de rentrer mercredi au lieu de mardi, tous les retours ont pu se dérouler sans accroc. Ce n’est pas toujours facile à gérer selon la responsable du GFG : « On n’a pas toujours toutes les informations de Thomas Cook et même parfois des informations qui ne semblent pas correctes ».

Des voyages impossibles à annuler

Une consigne claire est donnée aux personnes sur place : ne pas céder aux demandes de paiement de la part d’hôteliers. « On a reçu plusieurs plaintes en ce sens. Il ne faut pas payer. Je suppose que certains hôteliers n’ont pas été payés. Je ne connais pas le modèle financier de Thomas Cook. Pour les personnes qui ont payé quelque chose en plus, il faut introduire un dossier chez nous et le remboursement sera décidé au cas par cas », ajoute Brigitte Baetens. Pour les personnes qui ont réservé un séjour pour dans quelques semaines ou quelques mois, il faudra en tout cas s’armer de patience. Le Fonds ne peut rien leur promettre. « Ça sera au curateur de trancher ce qui va se passer. Thomas Cook n’est pas en tout cas actuellement déclaré en faillite. Mais ces personne ne peuvent annuler sans respecter les conditions d’annulation, qui prévoient dans certains cas des pénalités financières », indique GFG.

Un secteur qui doit s’adapter

Le ministre de l’Economie Wouter Beke (CD&V) a annoncé ce mercredi que le Fonds devra débourser 20 à 25 millions d’euros. Le Fonds dispose d’un budget total de 17,5 millions. Bien moins donc que le montant à débourser, mais le GFG pourra s’appuyer sur des garanties bancaires, et est lui-même réassuré. Il n’aura donc pas de difficultés à remplir ses obligations. C’est en tout cas la deuxième faillite internationale à laquelle il lui faut faire face cette année. La première, c’était avec Eureka Planet Travel qui basé au Luxembourg. « On est actif au Luxembourg et en Belgique. En 2018, la plus grosse faillite gérée, c’est Maretours, un opérateur touristique basé en Flandre. Mais parfois, durant plusieurs années, on n’est pas confronté à une faillite. L’argent continue alors de renforcer les réserves », explique le Fonds de Garantie Voyages. Celui-ci se veut rassurant: il ne redoute pas une vague de faillites dans le secteur. « C’est un secteur difficile et en mutation. Les gens changent un peu leurs habitudes et les tours opérateurs doivent s’adapter. Mais nous ne sommes pas inquiets », explique Brigitte Baetens. On en prend bonne note.

 

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