Ces villes qui ont adopté le « dimanche sans voiture » toute l’année

À Bogotá c’est "dimanche sans voiture" chaque semaine. Une initiative votée par référendum qui a drastiquement augmenté l’activité physique des Colombiens de la capitale.

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Chaque année ce dimanche-là, c’est la même rengaine. Pour certains, c’est la ville idéale, pour d’autres, un cauchemar de mobilité : l’arrivée de l’automne signe la fameuse « journée sans voiture » bruxelloise, qui a également lieu à travers le monde entier. Ce jour-là, les automobilistes sont invités à laisser leur voiture au garage et à enfourcher un vélo, chausser des patins ou simplement utiliser leurs pieds pour se rendre d’un point à l’autre de la ville. À Bruxelles, les transports en commun roulent et sont même gratuits. L’occasion de découvrir une citée sans circulation, klaxons et gaz d’échappement — une utopie de ville mobilisée autour d’une autre façon de circuler. Et pour beaucoup, une véritable bouffée d’air frais.

Si l’évènement a eu lieu de temps à autre aux quatre coins du monde depuis 1973 et la crise du pétrole, il a fallu attendre le milieu des années 90 pour que l’initiative soit officiellement proposée par les autorités de quelques villes concernées : Reykjavík, Bath et La Rochelle en 1995, puis progressivement nationalisée par la Grande-Bretagne et la France. C’est en 2000 que la « journée sans voiture » est devenue un évènement européen instauré par la Commission, en même temps qu’un acte mondial — plus informel. 

Bogotá et Jakarta à la pointe

Et alors que lundi, chacun remonte dans sa voiture, certaines villes ont décidé de faire de l’occasion une action récurrente. À Bogotá, l’immense capitale de la Colombie, les promenades dominicales sur les boulevards sont devenues une habitude de 7 heures à 14 heures. D’ordinaire, quelque 1,5 millions de voitures, 50.000 taxis et 500.000 scooters circulent dans les rues de la vie. Mais le dimanche, c’est sur deux roues qu’on profite de la « Ciclovía » (« la route cycliste »), l’initiative qui les encourage à prendre leur vélo pour se déplacer — et par extension tout moyen de transport qui favorise une mobilité douce — le dimanche et les jours fériés, mais aussi à tout simplement profiter des rues pour prendre du bon temps. La décision a été prise par referendum en 2000, faisant de cette ville d’Amérique latine un exemple pour le reste du monde. Car la « Ciclovía » a fait ses preuves statistiques : les habitants de Bogotá passent en moyenne trois heures en rue le dimanche, faisant radicalement grimper leur quota d’activité physique. Un point positif pour les indicateurs de santé des Colombiens de la capitale.

Autre continent, même engagement : en Indonésie, Jakarta tient depuis 2012 à son « dimanche sans voiture » hebdomadaire. Seulement ici, il ne concerne que les principales avenues de la ville et quelques heures de la journées ; de six heures du matin à onze heures. Juste avant midi, les voitures reprennent ainsi possession de leur territoire. À des milliers de kilomètres de là, la journée sans moteur israélienne est plutôt un état de fait : peu de véhicules circulent dans l’État, et ce dû au shabbat. Un jour comme celui du Yom Kippur, où toute la population d’Israël est à l’arrêt pour la plus grande fête juive du territoire, les mesures ont montré des baisses de la pollution de l’air de 99% à Jérusalem et Tel Aviv.

Jakarta

Jakarta un jour sans voiture, mais pas sans vélo ni piéton. ©Unsplash/Azka Rayhansyah

« Reclaim the streets »

Si les « dimanches sans voiture » n’ont pas pour vocation à devenir hebdomadaire en Belgique, certaines associations et rassemblements de citoyens entendent bien réclamer leur droit à profiter des avenues sans trafic. La « Masse critique« , par exemple, est un mouvement de réappropriation de la rue par des cyclistes, organisés en collectifs informels locaux. Elle a lieu chaque dernier vendredi du mois à Bruxelles, mais également dans quelque 100 autres villes. « La Masse Critique est une coïncidence organisée. Cela se passe lorsque des cyclistes se retrouvent au même moment et à la même heure et décident de rouler ensemble pour un petit bout de chemin. (…) Certains voudraient voir moins de voitures en train de boucher les rues de nos villes, d’autres sont préoccupés par le réchauffement de la planète et par l’environnement, beaucoup en ont marre des risques pour la santé et la sécurité que subissent les cyclistes. (…) Si suffisamment de cyclistes roulent ensemble dans un groupe, ils peuvent dominer n’importe quelle rue et ralentir la circulation à leur rythme », explique le mouvement sur sa page Facebook, avant de signer « Vélorution ! » Un terme, s’il n’est pas non plus encore entré dans le langage courant ni les habitudes, qui prend de plus en plus de place dans les esprits citoyens.

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