Déjà 16 records de température en Belgique pour l’année 2019

Les 26 degrés enregistrés dimanche représentent un nouveau record à la hausse pour un 22 septembre. Pour l'IRM, l'emballement des températures ces cinq dernières est tout à fait impressionnante

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Il existe quatre types de record de température. Celui dont on parle le plus actuellement: le dépassement d’une température maximale. Et celui qui s’est produit ce dimanche. Jamais le thermomètre du centre météorologique d’Uccle n’avait ainsi affiché 26°C un 22 septembre. Le précédent record pour cette date (25,9°C)  remontait à 1989. Les trois autres catégories de record ne méritent pas leur relatif anonymat. Il s’agit des températures minimales les plus élevées, des températures minimales les plus basses et des températures maximales les plus basses. Au final, il existe deux records de chaleur et deux de froid. Autant de seuils historiques dépassés de manière plus ou moins équilibrée jusque dans les années 90. «Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Il est intéressant à constater que les records de chaleurs sont en hausse et qu’on n’a quasiment plus de records de froid», explique Pascal Mormal, météorologue à l’IRM

Les vagues de chaleur explosent


Les chiffres de 2019 impressionnent: dix records de température avec un maximum de chaleur et six avec un minimum de chaleur. Zéro record de froid, donc un total de 16 contre 0. Les chiffres de 2017 et 2018 ne dérogent pas à la tendance. Pour 2018, l’IRM a recensé 14 maxima de chaleur 4, 4 de froid, 13 minima chaud et 0 froid. Soit un total de 27 contre 4. Et pour 2017, on était à 9 maxima de chaleur et 6 minima de chaleur contre… 0 minima ou maxima de froid. La tendance remonte aux années 2000. Et elle s’accélère. «Sur la période 2014-2018, il y a eu 94 records à la hausse, contre 7 records à la baisse», explique Pascal Mormal. À côté des minima ou maxima, les moyennes de température s’avèrent un autre élément intéressant. Sans surprise, la tendance à la hausse est identique. Les températures moyennes augmentent depuis 1990 et encore bien davantage depuis 15 ans. Depuis ces cinq dernière années, c’est encore plus impressionnant. « Entre 1901 et 2019, il y a eu 43 vagues de chaleur. Mais quand on regarde, c’est 23 vagues entre 1901 et 1989  et 20 depuis 1989 et 2019. Et depuis 2015, on en a une tous les étés et même trois cette année. Il y a un emballement au niveau des températures », constate Pascal Mormal.

La barre des 40 degrés dépassée

La station de mesure de Uccle est la plus ancienne de l’IRM. Utiliser ses données s’avère donc pertinent pour comparer des températures sur la plus longue période possible. Mais l’institut météorologique dispose au total d’environ 140 stations de mesure sur le territoire. Et certaines révèlent évidemment des chiffres très intéressants. Exemple le 25 juillet dernier à Begijnendijk, en Brabant flamand, où les capteurs locaux ont enregistré un nouveau record de chaleur national absolu. C’est-à-dire qu’il n’avait jamais fait jamais aussi chaud dans notre pays quelque soit le jour. Le mercure y est monté jusque 41,8°, pour «seulement» 39,7° à Uccle. Ce jour-là, c’est à Houyet (Namur) que la température la plus chaude a été enregistrée en Wallonie, avec 41,6 degrés. «Avant ce jour-là, aucune station n’avait jamais enregistré de températures au-delà des 40 degrés », souligne le météorologue à l’IRM.

La Belgique à la ramasse

Le nouveau record de température de dimanche est survenu à la veille du Sommet d’action sur le Climat qui se tient ce lundi à New York. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a en effet convoqué un sommet spécial des chefs d’Etat sur le climat. Objectif espéré: des annonces de plusieurs pays pour relever les ambitions. Il attend de ses invités des engagements fermes, à commencer par le relèvement de leurs actuels engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Car si l’accord de Paris prévoit une révision en 2020, on sait déjà que les mesures prévues ne seront pas insuffisantes pour respecter les objectifs de l’accord. Selon le think tank World resources Institute, seuls 23 pays ont promis pour l’instant de relever leur cible en 2020. Or, cette vingtaine de pays ne compte aucun poids lourd de l’économie mondiale et pèse à peine… 2,3 % des émissions mondiales. Et la Belgique dans tout ça ? Notre premier ministre Charles Michel, qui est en partance et à la tête d’un gouvernement minoritaire en affaires courantes, ne fera certainement aucune promesse. C’est d’autant plus dommage que notre projet de plan national énergie-climat se trouve sous le feu des critiques de la Commission européenne. Il ne respecte tout simplement pas l’accord de Paris, selon les associations de la Coalition climat. Voilà qui est dit.

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