Que vont devenir les 350 migrants de la Porte d’Ulysse?

La Porte d'Ulysse doit fermer d'ici le 30 septembre. Sauf qu'aucun autre lieu n'a été trouvé pour reloger les personnes qui s'y abritent quotidiennement.

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Chaque soir, ce sont 350 transmigrants qui franchissent le seuil de la Porte d’Ulysse à Haren. En plus d’un abris où passer la nuit, ces personnes reçoivent deux repas, une douche et une aide sociale. Ce n’est pas la première fois que le lieu est menacé. Fin août, les locaux devaient déjà être restitués. C’est le contrat depuis le début : l’occupation ne peut être que temporaire puisque les bâtiments sont destinés à l’école régionale des métiers de la sécurité. Finalement, la Porte d’Ulysse avait bénéficié d’un sursis, le temps de se retourner. Nouvelle date butoire : le 30 septembre.

Les bâtiments appartiennent à la région bruxelloise et sont loués par la ville de Bruxelles. Une solution bricolée avec des bouts de ficelle, certes, mais qui permettait malgré tout aux migrants rêvant d’Angleterre d’éviter d’errer dans le parc Maximilien. Sauf que le manque d’action politique se traduit par une abscence de solution. Le 30 septembre, la Porte d’Ulysse n’ouvrira plus ses portes. En réalité, le lieu doit être vidé et nettoyé pour cette date-là. Ce qui signifie qu’il cessera d’accueillir quelques jours avant. Maintenant en somme.

Le parc Maximilien ? Hors-de-question

Cette date n’est pas une surprise. Alors comment expliquer que des centaines d’hommes soient menacés de, possiblement, retourner dans le froid du parc Maximilien ? « C’est une excellente question« , ironise Mehdi Kassou, porte-parole de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. Le bénévole fait état d’une situation confuse. Le nouveau gouvernement bruxellois et plus spécifiquement les cabinets de l’Écolo Alain Maron, en charge de l’Aide aux personnes au sein de la commission communautaire commune s’active pour trouver une solution. Mais le temps presse et les heures sont désormais décomptées. Au moment où nous écrivons ces lignes, aucune alternative n’a encore été trouvée « mais les efforts ne sont pas minimisés« , précise Pascal Devos, directeur de la communication d’Ecolo. « Les personnes qui dorment à la Porte d’Ulysse ne retourneront pas au Parc Maximilien, c’est hors de question« , martèle-t-il. « Le monde politique argue que c’est impensable, reste que ce n’est pas impossible« , contrebalance Mehdi Kassou. « On a déjà trouvé une solution au problème financier« , explique Pascal Devos « mais pas encore de nouvel endroit », reconnait-il.

Le porte-parole de la Plateforme admet qu’il ne sait pas pourquoi on ne trouve pas de nouveaux bâtiments. Les bénévoles estiment que ce n’est pas à eux de faire les démarches. Eux qui s’activent et s’organisent déjà abondamment. Du côté de la ville de Bruxelles, on se sent délaissé. Son bourgmestre Philippe Close confiait à la RTBF qu’il était « important de réunir différentes communes, différents acteurs, pour trouver une solution structurelle. Pour le moment elle n’existe pas. » Une fois n’est pas coutume, la collaboration manque entre les différents pouvoirs.

À la Porte d’Ulysse, l’ambiance est palpable. « D’un côté il y a les travailleurs qui ne savent pas comment ils doivent gérer la situation et de l’autre l’angoisse des personnes accueillies qui paniquent à l’idée de retourner au parc Maximilien dans des conditions indignes« , développe Mehdi Kassou qui refuse malgré tout de sombrer dans le pessimisme. Pour lui, l’une des solutions reste l’octroi d’un délais supplémentaire. S’ils obtiennent le droit de rester quatre à six semaines de plus dans les locaux de Haren, alors ceux qui cherchent activement aujourd’hui auront le temps de trouver et d’aménager un nouveau lieu d’ici fin octobre. Mais pour combien de temps ?

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